Après avoir relu les trois premiers volumes du run de Tini Howard sur la série Catwoman (5e du nom), me voici rendu au quatrième et dernier volume. Un ouvrage assez épais puisqu’il reprend les numéro 59 à 68 de la série.
On ne reprend pas directement à la fin du volume précédent, puisque ce dernier s’arrêtait au numéro 56. Les deux numéros « manquants » font partie du crossover Gotham War avec la série Batman, période Chip Zdarsky. Cet event se passe peu après le retour de Bruce Wayne dans notre univers et se termine avec notamment une Catwoman qui se fait plus ou moins tuer.
On retrouve pourtant une Seline belle et bien vivante au début de ce volume. Mais cette survie ne semble pas l’effet du hasard. Et le premier épisode, où Selina s’introduit dans la propriété de Santa Espada, une espèce de tueuse folle et ex de Valmont, nous apporte rapidement la réponse : comme les chats, Selina a neuf vies. Commence donc une intrigue où on va voir la voleuse se lancer dans des défis improbables, en essayant de gâcher le moins possible de ses vies supplémentaires. On va aussi voir une cabale d’antagonistes se former petit à petit. On regarde comment Dario et Eiko continuent de gérer les affaires à Gotham, en l’absence de Selina qui parcourt le monde. Enfin, on tente de comprendre d’où vient ce pouvoir et quelles sont ses limites. Et pour l’occasion, la voleuse a changé de costume en revenant au costume violet caractéristique de la période Jim Balent.
Cet arc dure pendant les dix épisodes de ce volume. On a donc le temps de voyager pas mal et de voir différents environnements. Selina ne se contente pas de rentrer par effraction dans la propriété d’une dingo en Colombie ou de s’introduire dans un cercle de pourritures assoiffées de sang et de mort quelque part en Croatie. On plonge aussi dans les océans, on visite une terrible zone irradiée, similaire à celle autour de Tchernobyl, et on va même faire un tour dans l’espace.
On croise donc aussi pas mal de personnages, avec bien sûr Dario et Eiko mais aussi quelques affreux de services dont l’increvable Flamingo, toujours aussi détestable. Tout comme Amanda Waller que je ne peux pas blairer et qui ne déçoit pas par sa duplicité. On retrouve quelques anciennes co-détenues, on agace un peu (beaucoup) Black Adam, on croise Superman (avec une scène assez touchante) et on fait la connaissance d’une équipe de méchants assez ridicule : la Demolition Team. Ce qui va assez bien de pair avec le Royal Flush Gang vu précédemment. Et puis, il y a Bastet dont j’ai beaucoup apprécié la présence et la forme.
J’ai apprécié les hésitations de Selina entre une explication rationnelle et une explication mystique. Tout cela n’est-il qu’illusion ou bien y a-t-il une réalité rationnelle derrière ses résurrections à répétition ? Cet arc est aussi l’occasion pour la voleuse de faire un peu le point, de faire son deuil de Valmont et de réfléchir à sa relation avec ses amis et avec Batman.
Du côté graphique, Stefano Raffaele, déjà aperçu dans l’arc Gotham Nocturne de Detective Comics, s’occupe des trois premiers numéros dans un style qui me rappelle un peu celui de Joëlle Jones et c’est plutôt bien. Les trois numéros suivants sont dessinés par Carmine Di Giandomenico, vu sur Batman – The Knight, et j’aime bien. Enfin, Ivan Shavrin œuvre sur le numéro 65 et partage le 66 avec Di Giandomenico et j’ai trouvé ça joli, notamment les passages avec Bastet pour lesquels son style fonctionne bien. Enfin, Di Giandomenico s’occupe du dernier numéro.
Pour les couvertures, c’est à nouveau David Nakayama qui s’occupe de la couverture principale, dans le même style que les précédentes. C’est plutôt joli mais il faut aimer. Du côté des variants, c’est assez divers. Dani en fait trois qui sont vraiment pas mal avec un côté noir & blanc avec une petite touche de couleur. Leiryx en propose aussi trois qui sont assez bien. Otto Schmidt en fait aussi trois qui sont pas mal. Enfin, Marcio Takara fait la dernière variante et je la trouve vraiment bien.
C’est donc un volume assez épais qui conclut ce run. J’ai vraiment pris plaisir à relire cet arc, avec toutes les situations improbables qu’il propose. J’ai notamment apprécié la séquence Suicide Squad vs Black Adam, l’infiltration de Selina dans une base secrète et l’arnaque qu’elle monte en compagnie de Scandal Savage. Y a aussi quelques moments assez touchants, notamment avec Superman et Batman. Graphiquement, je ne me plains pas et j’ai en particulier aimé les séquences avec Bastet. Dans l’ensemble, j’avais aimé ce run la première fois et en le relisant de façon plus condensée ça plait autant. Je vais pouvoir passer au run suivant, celui de Torunn Grønbekk.

Catwoman – Nine Lives
écrit par Tini Howard
dessiné par Carmine Di Giandomenico, Stefano Raffaele & Ivan Shavrin
colorisé par Veronica Gandini
lettré par Lucas Gattoni & Tom Napolitano
éditions DC Comics
244 pages