Suite, encore et toujours, de mon exploration des romans de Philip K. Dick. Je commence à en perdre un petit peu le compte. Toujours est-il que nous arrivons à La vérité avant-dernière, livre que je ne connaissais même pas de nom. Voyons un peu où l’auteur nous emmène cette fois.
La guerre a déchiré la surface de la Terre, la population s’est réfugiée dans des abris où elle fabrique les robots permettant de continuer le combat en surface. Sauf que tout ça est faux.
D’habitude, j’essaie de ne dévoiler que le minimum sur l’intrigue d’un livre, pour ne pas priver les éventuel-les lecteurices du plaisir de découvrir des révélations ou autre retournements de situation. Mais là, le pot aux roses est dévoilé dès le deuxième chapitre, avant même que le premier personnage présenté ne le découvre lui-même. Et l’on passe au final plus de temps au contact de la société en surface que dans les profondeurs.
C’est donc un futur bâti sur un mensonge que nous propose l’auteur. La guerre s’est finie mais les quelques humains qui étaient restés en surface pour la diriger ont décidé de ne pas en informer le reste de la population, préférant continuer à l’exploiter tout en se partageant progressivement les terrains qui redeviennent vivables.
Si le monde souterrain parait évidemment inquiétant avec la pression permanente pour la réalisation des quotas de production de robot, celui de la surface est loin d’être idyllique et a même un aspect cauchemardesque. On réalise d’abord assez rapidement que ce monde vit surtout des vestiges du monde précédent et n’est plus capable d’en reproduire certains aspects. Et puis on découvre aussi une société où bien que les individus semblent posséder beaucoup, ils sont en réalité inféodé à un personnage qui exerce un contrôle assez tyrannique. Bref, encore un futur qui vend du rêve.
En tout cas, Dick explore un sujet intéressant, évoqué dans le titre : la vérité et peut-on toujours l’exprimer ? La possibilité de révéler à l’humanité que la guerre est en réalité terminée depuis un moment titille certains personnages. Mais tous ne sont pas d’accord sur la marche à suivre. Révélation directe ? Passage par un demi-mensonge temporaire ? Parce que proclamer la vérité est une chose, réfléchir aux conséquences d’une décision qui peut changer la vie de la quasi-totalité de l’humanité en est une autre.
Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce roman. Son point de départ et le cheminement qu’emprunte l’auteur sont intéressants. Je continue de faire abstraction d’un certain nombre de points qui pourraient déranger si on s’amusait un peu trop à se focaliser dessus : ces romans sont assez courts et proposent donc des visions du futur qui sont forcément pleines de trous, mais qui ont généralement le mérite de s’intéresser à une idée et d’essayer d’en faire quelque chose d’intéressant. Ce qui est le cas ici et c’est tout de même plutôt bien.

La vérité avant-dernière (The Penultimate Truth)
de Philip K. Dick
traduit par Alain Dorémieux
éditions J’ai Lu
280 pages (poche)
Bonjour, je pense que vous avez voulu écrire « livre DONT je ne connaissais même pas le nom » ? Si je me permets cette remarque, c’est que j’écris aussi et que des erreurs j’en fais (comme tout le monde) et que j’apprécie qu’on m’en fasse la remarque. J’en profite pour vous remercier de vos chroniques