J’ai parlé ici de la série anthologique de comics Batman – Urban Legends. En attendant d’évoquer la plus récente Batman – The Brave & The Bold, j’en ai déniché une autre, plus ancienne : Batman – Legends of the Dark Knight. Oui, y a Batman tout le temps, vu que c’est le truc le plus vendeur de l’éditeur depuis un bon moment et comme j’ai beaucoup le personnage et son univers, je focalise plus facilement dessus. Bref. Cette série a pour particularité, au contraire des deux autres cités précédemment, d’être d’abord parue en numérique avant d’être reprise en papier.
On commence donc par The Butler Did It, écrit par Lindelof et dessiné par Lemire. Une histoire d’une dizaine de planches où Batman se fait donner une leçon par son majordome. C’est pas mal et j’aime bien le dessin de Lemire.
All of the Above commence avec un Batman perdu dans l’espace, on revient rapidement un peu en arrière à bord de la Watchtower de la Justice League pour comprendre ce qu’il s’est passé. Ça dure une dizaine de planches et on voit Batman gérer son problème avec un plan à douze tiroirs. Anecdotique mais agréable à lire.
Dans The Crime Never Committed, on voit Batman & Robin s’occupe d’un type qui n’est pas encore passé à l’action mais envisage clairement une activité criminelle. J’aime bien qu’on propose de temps en temps des récits où l’on voit l’homme chauve-souris essayer de faire du préventif. La résolution peut avoir un goût d’inachevé, car la source du problème n’est pas vraiment résolu pour le type concerné, mais c’est un problème de société plus large et Batman ne peut pas tout résoudre.
On passe à une trentaine de planches pour Crisis in Identity où de riches habitants de Gotham se font tuer alors qu’ils se prennent pour Batman. Le récit est intéressant, on croise quelques figures connues dont le Joker et Killer Croc et la résolution est assez bien. Tout ça est très bien illustré par Templesmith dont le style colle très bien au récit.
On reste sur la trentaine de planches pour Letters to Batman. Le Joker s’évade à peine arriver à Arkham après sa capture par Batman. Ce dernier est un peu abattu par l’idée qu’il lutte sans fin. Mais Gordon lui remet quelque chose d’inattendu : un plein sac de courrier à destination de Batman, qui trainait dans un coin. C’est donc l’occasion pour l’homme chauve-souris de plonger un peu dans les témoignages des gens dont il a croisé la route et changé l’existence. Une belle histoire, pour rappeler que même si on a l’impression de ne pas résoudre un problème global, on aide par ses actes personnels.
On revient sur du récit en dix planches avec A Game To Die For, où l’on suit un étrange personnage, qui semble lié à Batman, en pleine confrontation avec le Joker. C’est assez bien fichu, avec un style un peu particulier mais qui fait l’affaire.
Dans Batman : The Movie on suit le tournage d’un film consacré au personnage. Mais quand les véritables Joker et Harley Quinn s’invitent sur le plateau, ça peut vite tourner au drame. Il est amusant de voir le véritable Batman face à sa version incarné par un acteur qui n’a pas forcément tout saisi au problème.
Dans Together, on va s’intéresser un peu à Double-Face et à une affaire d’enlèvement d’enfants. On parle donc un peu du problème de la dualité entre Harvey Dent et Double-Face et de s’il est possible de les séparer. C’est pas mal mais ça ne m’a pas non plus emballé plus que ça.
On termine avec A Slam Bradley Mystery…, où l’on retrouve donc ce détective privé qui en tant que personnage est encore plus ancien que Batman et Superman (il est créé en 1937). Lors de l’une de ses enquêtes, Slam est témoin du meurtre d’une femme. Mais la police le considère comme suspect et même Batman ne semble pas favorablement orienté à son égard. Slam décide malgré tout de trouver le coupable tout en évitant les ennuis. Autant que faire ce peu, c’est à dire pas beaucoup. Slam est un personnage que j’adore voir mis en scène et là je suis gâté. D’autant plus que graphiquement ce sont Phil Hester et Eric Gapstur qui officient et ça fonctionne très bien. Je suppute que cette histoire n’est pas étrangère au choix des deux artistes pour illustrer le Gotham City : Year One écrit par Tom King.
Ce volume se termine par quelques couvertures, dans des styles assez variés. Ça fait toujours plaisir.
Voici donc un sympathique premier volume pour cette série anthologique. J’aime vraiment faire des petits détours par ce genre de récits entre deux grands arc, à la Gotham Nocturne, sans parler des events et autres crossovers entre série et mondes du multivers. En général, il y a à boire et à manger dans ce genre de recueil et j’y ai trouvé de belles choses. J’en ai encore pour quatre volumes à lire.

Batman – Legends of the Dark Knight – 1
écrit par Damin Lindelof, Jonathan Larsen, Tom Taylor, B. Clay Moore, Steve Niles, T. J. Fixman, Andrew Dabb & Joshua Hale Fialkov
dessiné par Jeff Lemire, J. G. Jones, Nicola Scott, Ben Templesmith, Trevor Hairsine, Christopher Mitten, Giorgio Pontrelli, Tan Eng Huat & Phil Hester
encré par Eric Gapstur
colorisé par Jose Villarrubia, Paul Mounts, Ben Templesmith, Allen Passalaqua, Antonio Fabela, David Lopez, Santi Casas & Jim Charalampidis
Lettrage Saida Temofonte
éditions DC Comics
168 pages