Philippe VI : Le premier des Valois, de Christelle Balouzat-Loubet

Il y a un bon moment, j’ai lu une biographie groupée de Louis X, Philippe V et Charles IV, soit les trois derniers Capétiens directs, fils de Philippe Le Bel. L’historienne derrière cette ouvrage s’est ensuite occupé de leur successeur : Philippe VI. Voyons donc ce que l’on peut apprendre sur le premier des Valois.

L’histoire de la royauté française, notamment sous les Capétiens, est une longue liste de fils succédant à leur père ou de frère succédant à un autre frère. Mais il y a quelques occasions où ce schéma dérape. C’est le cas avec Philippe de Valois, qui n’est ni fils de roi (bien que son père aurait clairement apprécié cette perspective) ni frère de roi. Il est cependant bien introduit dans ce milieu puisqu’il est petit-fils de roi (Philippe III), neveu de roi (Philippe IV) et cousin de rois (les trois susmentionnés). Bref, c’est un prince de sang appelé à un minimum de pouvoir à défaut de la royauté.

C’est donc dans ce cadre qu’il grand et atteint l’âge adulte, surplombé par la figure d’un père, Charles de Valois, qui aura beaucoup d’influence sur les affaires pendant le règne de son premier et son troisième neveux – le deuxième ayant décidé de réduire le rôle de cet oncle encombrant. L’autrice montre bien que Philippe n’est pas dénué d’occupation et qu’il sert ses cousins.

Arrive alors le problème de la succession de Charles IV. Ce dernier réédite l’exploit de son frère Louis X, en mourant sans descendance mâle… mais en laissant une épouse enceinte. S’ensuit donc une régence le temps que l’enfant vienne au monde. C’est le moment où Philippe de Valois met un pied dans la porte, en se voyant octroyé la régence. Et une fois que l’enfant s’avère être une fille, il est en bonne position pour être choisi comme nouveau roi de France.

L’autrice explique alors les différentes actions de Philippe pour légitimer son pouvoir, notamment du fait qu’un lointain cousin se trouvant être roi d’Angleterre pourrait émettre quelques prétentions au trône. On voit aussi l’habituel ballet des changements de poste, avec ceux que l’on remplace et ceux que l’on conserve.

Le règne de Philippe est plus long que celui de ses cousins, vingt-deux ans, et il a le temps d’opérer un certain nombre d’évolution dans son royaume. Balouzat-Loubet présente notamment les opérations permettant d’élargir le domaine royal et d’agrandir un peu le pays. Les projets de Philippe sont cependant contrariés par deux événements. D’abord, le déclenchement de la guerre contre l’Angleterre (et qui deviendra la guerre de Cent Ans). Si cette dernière commence pas trop mal, la situation change après la défaite de Crécy et la perte de Calais. Ensuite, la Peste Noire s’invite dans le pays. La superposition des deux a des effets importants sur le royaume et sur l’image de son souverain.

Si la fin de règne de Philippe n’est pas brillante, l’autrice montre par contre qu’il arrive à organiser sa succession à son fils Jean. Ceci n’a rien d’une gageure, Philippe étant le premier d’une potentielle nouvelle lignée, l’hérédité de son pouvoir aurait pu être contesté.

L’ouvrage n’est pas très long et se lit bien. On a un panorama assez varié de la vie et du règne de Philippe VI et ce fut une bonne occasion d’apprendre quelques trucs sur un souverain dont je ne savais pas grand chose, en dehors du fait qu’il initiait une nouvelle branche capétienne. N’ayant pas de biographie de Jean II en stock – et je ne sais pas s’il en existe une intéressante – et ayant déjà lu le très bon Charles V de Françoise Autrand, ma prochaine étape dans les biographies royales sera peut-être celle de Charles VI par la même Françoise Autrand.

Philippe VI : Le premier des Valois
de Christelle Balouzat-Loubet
éditions Passés Composés
250 pages, dont notes, bibliographie et index (format moyen)

disponible en numérique sur 7switch

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