Après les runs de Joëlle Jones et de Ram V, c’est au tour de Tini Howard d’officier sur la série Catwoman, cinquième du nom. Un run qui sera repris en quatre volumes dont voici le premier. Un volume qui reprend les numéros 39 à 44 de la série.
On commence par l’arc Dangerous Liaisons, en quatre épisode, avec une Catwoman qui vient mettre un peu le bazar dans une réunion des chefs de famille mafieuses. Une bonne occasion de retrouver Eiko et l’increvable Black Mask qui suinte toujours le sexisme et la misogynie par tous les pores. Mais aussi l’arrivée d’un chat particulier et d’un mystérieux inconnu se faisant appeler Valmont. On suit entre autres un schéma un peu classique : Black Mask est énervé, Black Mask fait une saloperie, Catwoman décide de le faire payer et Black Mask douille. C’est résumé à la truelle, mais ça n’est pas faux.
Cependant, cet arc ne se limite pas à ça. Il y a bien sûr le personnage de Valmont et la relation qui se met en place avec Selina. Je n’avais pas un souvenir très positif de ce personnage, avec son côté séducteur pas subtil et un peu trop forceur à mon gout. A la relecture, ça passe un peu mieux mais je ne porte toujours pas le bonhomme dans mon cœur. Par contre, j’ai plaisir à revoir Eiko, dont la dynamique avec Selina est toujours intéressante. Du côté des guest-star, on croise l’affreux Flamingo, un méchant que je trouve toujours aussi détestable et flippant, et Onyx Adams, que j’ai eu plaisir à voir. Et surtout, cet arc introduit le personnage de Dario Tomasso, fils d’un parrain mafieux cachant son homosexualité. Un protagoniste que j’ai eu plaisir à retrouver et dont la rencontre avec Catwoman et la relation qui se crée était vraiment un bon souvenir de ce run.
Graphiquement, j’ai trouvé cet arc superbe. Nico Leon fait un excellent travail et la mise en couleur, assurée par la fantastique Jordie Bellaire sur les deux premiers numéros et par Veronica Gandini sur les deux suivants, sublime tout ça. C’est un régal pour les yeux, avec un passage en ombre chinoise, des ambiances chromatiques qui changent entre les scènes, etc. Bref, c’est très agréable.
Après la conclusion de cet arc, Selina a besoin de changer d’air et de se changer les idées. Elle part donc faire un road trip avec la BFF la plus déjantée de l’univers DC : Harley Quinn. Au programme : pause-pipi pour acheter de la junk food, filature par un type louche, tentative d’agression dans un motel, incrustation dans une compétition de roller derby, entrée en scène d’un mercenaire, baston, gros baston, course-poursuite et règlement de compte. Bref, rien de spécial dans ce week-end entre filles.
Ce diptyque offre un changement d’ambiance bienvenue et on sent que ça fait vraiment du bien à Selina. Harley est le personnage parfait pour ça et je la trouve très bien mise en scène, elle est vraiment rafraichissante. Pour l’occasion, les auteurices utilisent Red Claws, personnage éphémère de mercenaire apparue dans deux épisodes de la série animée Batman, qui amène aussi sa dose de chaos dans l’intrigue.
Du côté graphique, c’est Bengal qui s’y colle, avec Jordie Bellaire à la couleur. Et c’est du bonheur. Le style est vraiment différent de celui de l’arc précédent et je trouve que ça fonctionne très bien : on sent bien le changement d’ambiance et l’envie de voir autre chose pour se ressourcer un peu. Les personnages sont adorables, l’action fait plaisir à voir et les couleurs sont nickel.
Les couvrantes principales sont assurées par Jeff Dékal, qui fait un bon boulot, en particulier sur le numéro 40 que je trouve vraiment top. Chaque numéro a une couv variant par Sozomaika, bien à part pour la 40 et 41 que je trouve bof, et une par Jenny Frison et comme d’habitude c’est beau à voir. Enfin, le volume propose quelques croquis de personnages par Nico Leon, ça fait toujours plaisir.
Ce run de Tini Howard sur la série démarre vraiment bien et la relecture a été un grand plaisir. Le personange de Valmont m’agace toujours mais ça va bien avec l’intrigue proposée et puis y a Dario que je trouve nettement plus intéressant. Je trouve qu’Howard a bien saisi qui est Catwoman et les fondamentaux de son univers, tout en ne se contentant pas d’une histoire simplement fun. Il y a vraiment plus là-dedans. Le scénario est très bien servi par les artistes qui œuvrent sur ce volume, pour moi y a pas un truc de travers. Bref, un très bon volume.

Catwoman – Dangerous Liaisons
écrit par Tini Howard
dessiné par Nico Leon & Bengal
colorisé par Jordie Bellaire & Veronica Gandini
lettré par Tom Napolitano
éditions DC Comics
160 pages