Le premier volume de la Trilogie baryonique, La tragédie de l’orque, m’a beaucoup plu. Ce fut une lecture de vacances qui est passée rapidement et avec plaisir, cela m’a fait du bien. Voyons donc si tout ça continue de me plaire dans ce deuxième tome.
Si le précédent volume s’est terminé sur un bon cliffhanger, ce deuxième tome commence par un retour dans le passé, qui permet d’expliquer certaines choses, avant que l’on ne résolve la situation critique. On s’intéresse ensuite à l’organisation de l’expédition qui va explorer l’exoplanète découverte dans le système de la Tortue.
On continue globalement dans la lignée du précédent volume. L’écriture ne s’embarrasse pas trop de détails superflus, allant à l’essentiel. Cependant, on continue de voir un certain nombre d’éléments de thèmes qui sont semés le long du récit. Si l’intrigue se focalise toujours sur le mystère de l’antimatière et l’exploration de l’exoplanète, on continue de discuter un peu des intelligences artificielles et du rapport qu’elles entretiennent avec l’humanité. J’apprécie entre aux les questionnements autour d’éléments dont on ne sait pas trop s’ils sont bien réels ou s’il s’agit de mythe que les IA entretiendraient.
Du côté des personnages, on retrouve l’essentiel des protagonistes du premier volume, augmentés d’une dose de nouveaux venus. J’ai eu plusieurs fois envie de vouloir frapper certains des personnages, ce qui est plutôt bon signe sur mon implication émotionnelle dans le récit. Quelques passages dans le passé nous permettent de mieux saisir certaines motivations et expliquent quelques comportements du premier volume et beaucoup de choses dans ce deuxième opus.
Dans l’ensemble, j’ai été assez satisfait par l’intrigue. L’auteur reprend un certain nombre de gros classiques de ce type d’intrigue : les changements sur la composition de l’équipe, la présence possible d’un élément perturbateur, l’infiltré qui est pris de remords, etc. Bref, on navigue en partie en terrain connu, mais tout ça s’agence relativement bien et m’a emporté sans soucis. J’ai un peu lever les sourcils à un moment, parce qu’un truc m’a semblé vraiment un peu gros, mais c’est tout de même plutôt bien passé.
J’apprécie que l’on continue à voir des problèmes et des rivalités dans les agences concernées par les événements. La politique est bien présente, pas forcément de façon très subtile mais on ne manque pas d’exemple de situations qui se grippent pour une querelle d’ego. J’ai donc trouvé que ça rendait assez bien certaines magouilles et arrangements réalisés en dehors du regard public.
Le mystère sur l’exoplanète et son improbable site si particulier reste entier mais les protagonistes ne se privent pas d’émettre de multiples hypothèses à ce sujet. Je lis tout ça avec intérêt et curiosité. J’avoue être vraiment curieux de connaître le fin mot de l’histoire.
Bref, j’ai trouvé ce deuxième volume vraiment dans la lignée du premier et je l’ai dévoré. Je trouve que cette série a le défaut qui habituellement m’agace énormément : ce ne sont pas trois romans reliés par le fait d’être avec les mêmes personnages et de partager certains fils rouges mais trois parties d’un même récit, un peu comme un gros roman coupé en trois, avec un cliffhanger à la fin de chaque partie (il y en a bien sûr un à la fin de ce volume aussi). On a cependant assez de choses qui avancent dans chaque volume, d’éléments qui nous sont dévoilés, etc. pour que je n’ai pas non plus l’impression qu’on me fasse lanterner sans rien avoir à montrer (comme ce fut par exemple le cas avec le premier volume de la trilogie QuanTika que j’ai carrément abandonné à peine arrivé au tiers, vu comme ça semblait parti pour ne pas m’offrir assez de résolution sur ce premier tome). Donc pour l’instant ça se passe bien. On verra si le dernier volume apporte assez de réponse aux quelques questions que je me pose. Et je ne devrais pas trop tarder avant de m’y lancer.

Le système de la tortue (La trilogie baryonique 2)
de Pierre Raufast
illustration de Pascal Casolari
éditions Pocket
350 pages