Lanterns – Saison 1

Les Green Lanterns sont, dans l’univers super-héroïque de DC Comics, une sorte de police de l’espace, chaque agent, appelé lanterne, se voyant assigner un secteur de l’espace. C’est loin d’être le pan que je connais le mieux de cet univers, mais j’ai tout de même lu la majeure partie de ce que l’éditeur a publié sur les lanternes – vertes, rouge, jaune ou même orange (Larfleeze m’a beaucoup fait ricaner) – pendant toute la période de New 52 jusqu’à Rebirth. J’ai donc quelque connaissances sur cet univers et l’arrivée d’une série télé consacré à ces personnages m’intéressait. Mais ça n’est pas vraiment ce à quoi j’aurai pu m’attendre.

John Stewart est en formation auprès d’Hal Jordan, le green lantern du secteur 2814, celui de la Terre. Avec pour objectif de lui servir éventuellement de remplaçant. La relation entre les deux ne semble pas simple et ça ne va pas s’arranger quand Hal Jordan décide qu’il doit se rendre urgemment à Rushville, Nebraska (bled de 800 et quelques habitants qui existe réellement), pour y régler un problème urgent.

A Nowhere, Middle West, il y a bien évidemment un bar/diner/whatever

Ayant vu la bande-annonce de la série, j’avais compris qu’on n’allait pas se payer une histoire où l’on se promène un peu partout dans l’espace. C’est même franchement le contraire. Cependant, l’intrigue est bien liée au Green Lanterns Corps et la présence de Hal Jordan à Nowhere, Middle West, n’est pas incongrue. Les showrunners ont décidé de nous raconter quelque chose de différent du classique récit des lanternes et c’est un pari intéressant.

On se retrouve donc engagé dans une enquête à plusieurs niveaux et à plusieurs temporalités, l’intrigue oscillant entre 2016 et 2026. On bénéficie aussi d’un certain nombre d’incursions dans le passé qui éclairent le passé des trois principaux protagonistes de cette histoire. Tout ça est assez bien orchestré et on ne s’y perd pas.

Madame est shérif de la ville, alors on se tait et on l’écoute sagement.

Du coté des mystères, on est assez bien servi. Les scénaristes nous font un petit sac de noeuds et tirent ensuite un peu dans tous les sens, en nous offrant pas mal de surprises, jusqu’au dernier épisode. Le rythme est un peu étrange par moment, mais j’ai apprécié que l’on ait quelques moments de lenteur, où l’on prend le temps de profiter de la beauté de l’image et de la mise en scène.

Car si on passe une bonne partie de l’intrigue à Rushville, au fin fond de nulle part, c’est bien mis en scène et certains passages se passant ailleurs propose des palettes graphiques différentes. On a aussi un travail sonore intéressant dans les derniers épisodes, concernant un lieu dont l’étrangeté se manifeste bien par cet effet audio. J’ai aussi apprécié la musique de Stephanie Economou qui participe à l’ambiance de cette série et au plaisir que j’en ai retiré.

Un petit effort sur le rangement ne serait pas mal.

Les scénaristes ont bien sûr pioché dans l’univers DC et ont parsemé leurs scripts de références que reconnaitront celleux qui connaissent bien cet environnement, notamment celui des Green Lantern. Cependant, ils évitent de trop tirer sur la corde de ce côté et surtout rendent la chose tout à fait accessible aux néophytes. Les éléments importants sont clairement présentés et le reste constituent des références qui réjouiront celleux qui les comprendront sans gêner les autres.

Lanterns n’est pas une série grandement politique mais on y trouve quand même quelques trucs sur le racisme, la joie de la vie dans le Middle West, tendance survivaliste anti-alien, la pression parentale à la réussite ou encore l’éternelle question « qui garde les gardiens ? » On a même un petit truc sur le véganisme. On trouvera certainement des séries creusant ces thèmes plus profondément, mais c’est déjà pas mal pour une série grand public adaptée d’une des licences de super-héros les plus connues.

Petit entretien d’embauche.

Avoir un bon scénario c’est bien, écrire de bons personnages c’est encore mieux. Et surtout, il faut avoir une belle distribution pour porter tout ça. Et je trouve que la série est une récente de ce côté. Kyle Chandler incarne un Hal Jordan qui sait être joyeusement horripilant et tape bien sur le système de John Stewart, tout en arrivant à être attachant. On sent bien aussi qu’il porte l’anneau depuis un bon moment et qu’il en a vu des vertes et des pas mûres. Face à lui, Aaron Pierre campe un John Stewart qui a tout d’une affiche de recrutement pour les Marines et ressemble presque à une machine par moment. Pourtant, on le voit aussi doué d’un sens artistique et l’interprète me semble tout à fait crédible sur ce versant du personnage. Kelly McDonald complète le trio principal, avec son interprétation de Kerry Kane, shérif de cette petite ville dans laquelle elle était une simple étrangère quelques années auparavant. On la voit bien tiraillée entre un impératif de paix civile et le besoin de comprendre les mystères auxquels font face le duo improbable et perturbateur qui a déboulé dans sa paisible bourgade.

A côté, on a toute une galerie de personnages secondaires, de la famille de John Stewart à celle de Kerry Kane, en passant par divers intrus, on a pas mal de protagonistes que j’ai trouvé assez bien écrit et bien porté par leurs interprètes. On retrouve bien évidemment le Guy Gardner tête à claque incarné par Nathan Fillion. Et j’ai noté aussi l’apparition de Laura Linney, que j’aime beaucoup dans Ozark et qui ici a droit à un petit rôle assez particulier.

Mais qu’il y a-t-il dans cette boite ?

Si la série n’a pas été très clairement annoncée comme ne se limitant pas à cette saison, la fin ouvre clairement la voie à une suite, qui a depuis été confirmée. Et je m’y intéresserai très probablement. En tout cas, j’ai trouvé que l’intrigue se termine pas trop mal au huitième épisode, avec pas mal de mystères résolus. Il reste des choses en suspend et on verra bien si tout cela finit par ressurgir dans la suite de la série. Mais si les choses avaient dû s’arrêter là, je trouve que la fin aurait été assez satisfaisante.

Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder cette série. J’ai apprécié les rebondissements, les personnages et leur interprétation, l’angle choisi un peu surprenant, les références semées ici ou là, l’image, la musique. Je suis heureux que l’univers DC ait pu avoir droit à une adaptation de ce calibre.

Oui, on va quand même faire un petit tour ailleurs que sur Terre.

Lanterns – Saison 1
série américaine tournée en anglais
8 épisodes de 47 à 56 minutes chacun

Retour au sommaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *