Je poursuis ma relecture de la deuxième série Detective Comics, celle de la période New 52. Et après deux volumes écrits et en partie dessinés par Tony S. Daniel, on change puisque l’écriture passe pour quelques volumes aux mains de John Layman.
On commence par un Batman qui distribue des pains comme s’il en pleuvait mais qui est un peu pris par le temps car Bruce Wayne est attendu quelque part. Démarre alors une intrigue qui va rebondir tout le long du volume. Étant donné le titre du volume, on va bien sûr y croiser Oswald Cobblepot, mais aussi Poison Ivy, Clayface et quelques nouveaux personnages dont Merrymaker, un méchant dirigeant un gang, et Ogilvy, un sbire de Cobblepot.
Dans l’ensemble, je trouve que l’intrigue tient mieux la route que dans les deux volumes précédents. Il y a une continuité d’un épisode à l’autre, certains éléments sont posés en amont et reviennent dans l’intrigue plus tard. On voit que le scénariste sait où il veut aller dès le début et que les détours qu’il prend font partie de son plan (on ne peut pas en dire autant de ce qu’a fait Finch sur Batman The Dark Knight vers la même époque). En tout cas, j’aime bien l’idée d’un Cobblepot qui cherche une forme de reconnaissance et de respectabilité et donc jaloux de l’image de la famille Wayne. Et si en temps normal, je ne l’imaginerai pas se faire déposséder par l’un de ses sbires, cette obsession personnelle et familiale rend cette possibilité plus crédible.
Les backup story ne formant pas un récit continu, elles sont proposés au fur et à mesure du volume. On y explore principalement des récits annexes sur certains méchants rencontrés dans le volume (Poison Ivy, Clayface, Merrymaker, etc.) Dans l’ensemble, ces petits récits collent bien avec le reste, Layman faisant bien son boulot de ce côté.
Du côté des dessins, il y a aussi plus de cohérence. L’éditeur a dû s’organiser un peu mieux pour qu’on ne change pas d’artiste tous les deux numéros. C’est donc Jason Fabok qui assure les dessins sur l’histoire principale pendant les six épisodes de ce volume. C’est un artiste que j’aime bien et même s’il est encore un petit peu en dessous de ce qu’il donnera par la suite, notamment dans l’arc Darkseid War de Justice League, il se débrouille déjà très bien.
Même cohérence du côté des backup story dont cinq sont dessinés par Andy Clarke. Il n’y a rien de transcendant mais le boulot est bon et ça suffit largement. Seul la dernière backup story est d’un autre dessinateur, Henrik Jonsson, ce qui n’a rien de gênant pour des petits récits annexes. Et son travail est correct et va avec le personnage mis en scène.
Voilà un volume dont la relecture m’aura plus fait plaisir que les précédents. Je ne recherche pas forcément des récits continus d’un épisode à l’autre, me contentant très bien de petites histoires, mais j’apprécie surtout que ce soit fait correctement. Et là, le scénariste me semble mieux maîtriser son affaire. L’idée de fond m’intéresse aussi. J’avais complètement oublié le personnage d’Ogilvy et son destin d’Emperor Penguin, c’est donc plaisant de le redécouvrir. Bref, j’ai passé un bon moment et n’ai pas tardé à enchaîner avec le volume suivant.

Batman – Detective Comics – Emperor Penguin
écrit par John Layman
dessiné par Jason Fabok, Andy Clarke & Henrik Jonsson
encré par Sandu Florea
colorisé par Jeromy Cox & Blond
lettré par Jared K. Fletcher, Dezi Sienty & Taylor Esposito
éditions DC Comics
192 pages