Je continue tranquillement ma relecture du run de Brian Azzarello sur Wonder Woman. Et nous voici au troisième volume et donc pas loin de la moitié de cette histoire. Un tome qui reprend sept numéros de la série, les épisode 13 à 18, précédé du numéro 0. Voyons donc où en est Diana, au milieu des intrigues divines.
On commence donc par un numéro estampillé 0. A l’automne 2012, DC Comics décide de fêter les un an des New 52 en publiant un numéro 0 pour chaque série, centré sur le passé et éventuellement l’origine du personnage concerné. Wonder Woman n’a donc pas échappé à l’event. On retrouve donc une Diana adolescente qui doit faire ses preuves pour mériter le titre d’amazone. On voit qu’elle mène une formation parallèle avec Arès. Comme souvent, ça n’est pas renversant mais c’est bien fait et Chiang a adapté son style et ça rend vraiment bien.
On revient ensuite au temps présent et on commence avec l’apparition d’un personnage mystérieux mais qui va clairement avoir de l’importance dans la suite du récit. On retrouve ensuite Diana et son équipe, si l’on peut qualifier ainsi l’assemblage de personnages qui l’accompagnent. Et la cohabitation est un peu compliquée pour certains. Engagée dans la recherche du bébé de Zola, Diana fait quelques rencontres intéressantes.
Les auteurs continuent de nous montrer la complexité des relations entre divinités de l’Olympe. Il faut dire que ça n’aurait pas été très fidèle à la tradition de présenter tout ce petit monde comme une famille modèle. J’apprécie toujours ces passages. Outre le mystérieux personnage introduit en début de volume, on nous propose aussi de faire la rencontre d’autres rejetons de Zeus, avec des personnages que j’ai trouvé intéressant et dont j’ai bien apprécié le design. Enfin, je redécouvre que c’est par l’intermédiaire de cette série que j’avais découvert, sans le savoir, le Quatrième Monde par l’intermédiaire de Highfather et surtout d’Orion. De ce dernier, j’avais le souvenir d’un personnage un peu con, mais que j’avais plaisir à voir. A la relecture, il n’est pas toujours d’une grande finesse mais je le trouve un peu plus riche que dans ma mémoire.
Sur le plan graphique, je suis toujours autant partagé. Outre le numéro 0, Cliff Chiang travaille sur les épisodes 15 et 16 et les trois dernières planches du numéro 18. Je continue de vraiment apprécié son style, qui m’avait déjà marqué à l’époque de ma première lecture. Sur le reste c’est… compliqué. Le numéro 13 est entièrement crayonné par Tony Akins et j’ai toujours un problème avec lui, notamment sa façon de dessiner les visages. Sur le numéro suivant, il ne fait plus que des ébauches et est assisté par Dan Green et Rick Burchett. Je trouve ça un peu plus digeste mais ça n’est vraiment pas fifou et le décalage avec le style de Chiang reste important. Au numéro 17, Akins reprend la main, à mon grand regret, avec l’assistance d’Amilcar Pinna pendant trois planches qui sont mieux réussis mais où l’on est vraiment dans un autre style. Enfin, le dernier épisode de ce volume est une belle foire sur le plan graphique : une partie est due à Akins, une autre à Goran Sudžuka et donc les trois dernières planches à Chiang. Je ne sais pas trop comment l’éditeur a gérer tout ça mais ça sent pas mal le bazar, pour en arriver à mixer de cette façon plusieurs dessinateurs un même numéro. C’est vraiment dommage, parce que le titre méritait vraiment d’avoir un peu plus de cohérence graphique ou au moins de compartimenter un peu les styles d’un numéro à l’autre.
Une nouvelle fois, j’ai pris plaisir à retrouver l’intrigue et les personnages que propose Azzarello. J’aime vraiment cet approche centrée sur la mythologie et où l’on est dans une cadre franchement déconnecté du reste de l’univers DC. Je regrette toujours autant que ça ressemble à la roulette russe du côté graphique, mais au moins je prends plaisir à voir les parties dessinées par Cliff Chiang.

Wonder Woman – volume 3 – Iron (Wonder Woman – tome 3 -De sang et de fer)
écrit par Brian Azzarello
dessiné par Cliff Chiang, Tony Akins, Amilcar Pinna & Goran Sudžuka
encré par Dan Green & Rick Burchett
colorisé par Matthew Wilson & Nick Filardi
lettré par Jared K. Fletcher
éditions DC Comics (anglais) Urban Comics (français)
175 pages