Wonder Woman – Blood, de Brian Azzarello & Cliff Chiang

J’ai parlé ici plusieurs fois du run de Tom King sur la série Wonder Woman. Mais ce n’est pas mon premier contact avec le personnage ni avec la série. J’en avais fait la connaissance avec le run de Brian Azzarello et Cliff Chiang, lors de la période New 52. Ma relecture de ce run est l’occasion d’en parler un peu.

Ce run va durer pendant toute la première période de la quatrième série Wonder Woman, du numéro 1 au numéro 35, plus un ou deux numéros spéciaux, avant que le duo ne cède la place à Meredith Finch & David Finch, dont je dirais poliment que ça n’était pas franchement à la hauteur. Ce premier volume reprend donc les six premiers épisodes de la série.

Une jeune femme nommée Zola est sur le point d’être assassinée par un duo de centaures quand un étrange homme bleu lui confie une clé qui la fait se téléporter dans la chambre de… Wonder Woman. Présenté comme ça, ça semble démarrer de façon un peu confuse et c’est bien le cas pendant les premières planches. On embarque rapidement dans une intrigue qui va impliquer pas mal de divinités connues : Hermès, Apollon, Poséidon, Hadès, Hera, etc. Et comme dans pas mal d’histoires de la mythologie grecque, il est question d’une grossesse provoquée par Zeus.

Au moment des New 52, DC Comics relance l’intégralité de ses séries et refond son univers en réécrivant les origines des personnages. Dans le cas de Wonder Woman, l’idée qu’elle a été façonnée à partir d’argile par sa mère, Hyppolyta, se révèle un mensonge : elle est la fille de Zeus. Cette série part donc entre autres dans la direction d’une histoire de famille compliquée. Surtout quand le géniteur multiple est aux abonnés absents. Brian Azzarello nous propose aussi une bonne dose d’action et quelques retournements de situation.

J’ai bien aimé les personnages qu’on nous propose. Cette version de Diana est celle que j’ai rencontré en premier et elle m’a plu. Elle est là pour défendre les autres, elle tabasse quand il faut. Elle affronte aussi des épreuves qui secouent ses certitudes, sur elle et sur les autres. J’apprécie aussi beaucoup Zola, simple mortelle qui pourrait être un peu perdue au milieu de ces divinités qui la tiennent pour quantité négligeable, mais qui ne se laisse pas vraiment marcher sur les pieds. Le reste de la distribution est intéressante, avec un ou deux personnages un peu ambigüe et un Hermès que j’aime assez bien pour le moment.

Du côté graphique, les premiers numéros sont plaisants. Le trait de Cliff Chiang m’avait conquis à la première lecture et une bonne décennie plus tard je l’apprécie toujours. Le design des différentes divinités est vraiment cool, donnant à chacune une personnalité et permettant de bien les identifier. Si Chiang est le principal artiste du run d’Azzarello, dont il dessinera en tout vingt-deux numéros, il cède cependant régulièrement la place à d’autres artistes, pour maintenir le rythme de publication mensuelle de la série (il fait quand même les couvertures de tous les numéros). C’est le cas sur les deux derniers numéros de ce volume, sur lesquels officie Tony Akins. Et je suis nettement moins emballé par son style, notamment sa façon de dessiner Diana que je n’ai pas trop appréciée.

Le volume se termine, dans son édition anglophone en tout cas, par quelques design des personnages, très appréciables, ainsi que quelques croquis pour les couvertures de la série. Et j’aime bien les couvertures des différents numéros, y a quelques idées intéressantes.

Depuis mon enfance, j’apprécie beaucoup la mythologie gréco-romaine. Ceci a très certainement contribué à mon intérêt pour cette série lors de ma première lecture. J’ai depuis lu d’autres récits consacrés à Wonder Woman, avec des approches différentes, et je cerne un peu mieux certains des fondamentaux du personnage. Et je les retrouve à cette relecture. J’ai aussi revu avec plaisir les dessins de Cliff Chiang. Bref, ça s’est bien passé et je vais pouvoir enchaîner avec le deuxième volume.

Wonder Woman – volume 1 – Blood (Wonder Woman – tome 1 – Liens de sang)
écrit par Brian Azzareloo
dessiné par Cliff Chiang & Tony Akins
encré par Dan Green
colorisé par Matthew Wilson
lettré par Jared K. Fletcher
éditions DC Comics (anglais) Urban Comics (français)
160 pages

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