J’ai déjà parlé ici plusieurs fois d’ouvrages de la collections Vérités et légendes des éditions Perrin (1940, le débarquement, la Rome antique). Cette fois, on va s’intéresser à la Grèce antique.
L’ouvrage a la même forme que les autres, celui d’une série de chapitres pas très longs, chacun répondant à une question. Les Grecs étaient-ils croyants ? Les vivaient-elles cloîtrées ? Hippocrate fut-il le père de la médecine ? Le Parthénon était-il révolutionnaire ? Et ainsi de suite. Chaque article a aussi son petit lot de notes permettant de connaître quelques sources, de préciser certains éléments ou encore de présenter divers chercheurs et chercheuses.
Comme pour les autres ouvrages déjà lus dans la même collection, je connaissais déjà un certain nombre de choses mais j’en ai appris beaucoup d’autres. Ainsi, si je savais depuis un petit moment que les statues et monuments antiques n’étaient pas blanc immaculé à l’époque, je découvre qu’on sait en fait depuis le 19e siècle que le Parthénon était peint. Il ne s’agit donc pas d’une découverte récente et on mesure alors à quel point les clichés et les idées fausses peuvent avoir la vie dure.
Les sujets abordés permettent évidemment de casser tout un tas d’illusions que l’on pourrait continuer à entretenir sur la Grèce antique, mais cela permet aussi de confirmer l’existence d’un certain nombre de choses que l’on pourrait penser mythique, comme l’existence non seulement de la cité de Troie mais probablement aussi d’une guerre qui aurait conduit à sa destruction… du moins à la destruction de l’une des versions de cette ville. Il y a aussi quelques choses intéressantes à étudier du côté des amazones.
J’ai aussi beaucoup apprécié toutes les explications sur les origines des « grecs » et comment on pourrait les définir. Parce que lorsque l’on dit Grèce antique, on voit généralement le Parthénon, le défilé des Thermopyles, les jeux olympiques, éventuellement Alexandre le Grand. Grosso-modo, on se fixe surtout sur une image correspondant au 5e et 4e siècle avant notre ère. Pourtant ce thème correspond en réalité à une période d’environ un millénaire, avec pas mal de changements et de variations.
Autre point que j’aime bien voir évoqué : Alexandre le Grand. Parce que l’autrice rappelle bien que les sources dont on dispose ne sont pas contemporaines événements et que sur certains points on dispose juste de sources postérieures de plusieurs siècles. Un rappel toujours utile du fait que l’on connait certains sujets qui ont marqué l’histoire par une version partielle et forcément déformée et incertaine. Ceci est complété par l’un des mystères qui occupent de temps en temps les amateurs d’énigme archéologique : la localisation du tombeau d’Alexandre. Ou plutôt l’absence d’icelle puisque l’on n’a jamais retrouvé sa sépulture. Enfin, la dernière en date. L’autrice explique en fait que le célèbre conquérant a vu sa dépouille déplacée plusieurs fois, jusqu’à un lieu que l’on n’a jamais réussi à identifier avec précision. Je trouve qu’il y a là un petit côté Ozymandias.
Comme pour les autres livres de cette collection, on pourra évidemment trouver que les sujets ne sont qu’effleurés, ce qui est bien le cas, mais tout cela permet surtout de corriger rapidement un certain nombre de légendes sur le thème tout en précisant certaines vérités. Et tout ça permet bien sûr de donner envie d’en savoir plus. Ce qui est déjà une bien bonne chose.

La Grèce antique – vérités et légendes
de Caroline Fourgeaud-Laville
éditions Perrin, collection Vérités et légendes
270 pages (format moyen)
disponible en numérique chez 7switch