Après le run de Tony S. Daniel, puis celui de John Layman, c’est au tour de Francis Manapul et Brian Buccellato de s’occuper de la série Detective Comics. J’avais un souvenir très positif de leurs arcs. Voyons si ça passe toujours aussi bien.
On retrouve un Batman qui pètent la gueule à des trafiquants d’êtres humains avant que Bruce Wayne n’aille s’occuper de développement urbain. Bref, un lundi dans la vie de l’homme chauve-souris. Mais une mystérieuse drogue commence à faire des ravages : l’Icarus, qui donne son nom à cet arc.
Ce volume est mieux organisé que les précédents, puisque l’arc Icarus va en occuper les cinq numéros et qu’on le retrouvera aussi dans l’Annual qui sera en forme de préquelle. Ça donne une cohérence bienvenue à l’ensemble.
Outre Batman, on va pas mal croiser Harvey Bullock, lequel a déjà eu affaire à Icarus par le passé. Il va donc se retrouver en concurrence avec Batman pour résoudre l’affaire. C’est un personne que j’aime beaucoup retrouver régulièrement, surtout quand les scénaristes n’oublient pas que c’est un détective compétent. Et que parfois, ça fait des étincelles quand il croise l’homme chauve-souris.
L’arc nous propose aussi son lot de nouveaux personnages, d’Elena, la femme d’affaire qui veut investir dans le social et sa fille Annie qui fait du moto-cross à Holter, le chef de gang aux motivations un peu floues, en passant par Jonny, frère d’un autre chef de gang et sacré tête à claque. On des personnages pour lesquels on compatit et d’autres que l’on déteste joyeusement, bref ça fonctionne bien.
Notons aussi que l’on voit bien que Bruce Wayne s’implique dans le développement de logements abordables, d’infrastructures de santé et d’éducation, etc. Bref, cet arc illustre – pour la n-plus-unième fois – que non Batman n’est pas juste un milliardaire qui claque sa thune pour créer des gadgets lui permettant d’aller tabasser des pauvres réduits à la criminalité pour survivre. Ce cliché qui revient régulièrement montre surtout l’ignorance du personnage et de son environnement des personnes qui le propage.
Bref, cet arc utilise quelques ressorts que l’on revoit régulièrement dans cet univers, notamment celui du Bruce Wayne suspecté de meurtre – ou de quelques autres malfaisances. On n’atteint pas ici le niveau du Bruce Wayne : Murderer ?, un crossover de 2002 qui s’étalait sur une vingtaine de numéros à travers toute la batfamille. Mais le milliardaire doit tout de même naviguer avec un minimum de prudence.
On trouve aussi dans cet arc du drame familial, un personnage aux pouvoirs inquiétants, des criminels bien motivés, des sous-fifres qui font des conneries et un calamar géant. L’arc se termine avec une petite introduction de l’arc suivant : Anarky.
L’annual qui conclu le volume revient en amont de ces événements et en montre en partie la génèse. On voit que certains personnages sont déjà de bonnes têtes à claque et Bruce ressort son alter ego Matches Malone, dont on peut se demander au bout d’un moment si un jour un criminel finira par comprendre qu’il s’agit d’une autre identité de Batman.
Du côté visuel, c’est tout simplement excellent. J’avais quelques souvenirs d’avoir apprécié les intrigues de ce run mais surtout celui de m’être bien fait plaisir en regardant le travail de Francis Manapul, au dessin, et Brian Buccellato, à la couleur. J’avais beaucoup apprécié leur travail sur la série The Flash et ça avait été une grande joie de les voir arriver sur Detective Comics. A la relecture, c’est toujours du bonheur à voir. Ça, c’est pour les numéros ordinaires. Sur l’Annual on a au contraire trois artistes qui se succèdent, avec de grosses différences de style sans que je puisse l’associer à une logique propre au récit. Bref, ça n’est pas terrible.
Le volume contient aussi quelques couvertures variants, assez diverses, dont une vraiment bien par Jim Steranko, un vétéran du comics.
Cette relecture s’est donc fort bien passée. J’ai apprécié l’intrigue, dont j’avais à peu près tout oublié et j’ai eu grand plaisir à retrouver la production visuelle de Manapul et Buccellato. En principe, je peux m’attendre au même résultat pour le volume suivant, l’un des rares dont j’avais quelques souvenirs en terme d’intrigue.

Batman – Detective Comics – Icarus
écrit par Francis Manapul & Brian Buccellato
dessiné par Francis Manapul, Werther Dell’Edera, Jorge Fornés & Scott Hepburn
colorisé par Brian Buccellato, John Kalisz, Lee Loughridge & Jon Proctor
lettré par Jared K. Fletcher, Steve Wands, Taylor Esposito, Dezi Sienty & Carlos M. Mangual
éditions DC Comics
176 pages