Les joueurs de Titan, de Philip K. Dick

Si je compte bien, j’arrive à ma dixième chronique sur un roman de Philip K. Dick. Je suis encore loin de la fin mais c’est déjà une bonne étape de franchie. Voyons donc de quel jeu parle ce livre et le rapport avec Titan.

Pete Garden a perdu au Jeu. Et pas n’importe quoi. Il a perdu Berkeley. Toute la ville. Accessoirement, il a aussi perdu sa femme. Et alors qu’il tente de trouver un moyen d’échanger une autre propriété pour récupérer Berkeley, il découvre que cette dernière a déjà été revendu à un joueur de la Côte Est. S’en est trop. Garden est fermement décidé à remettre la main dessus.

Le monde que propose l’auteur dans ce roman tourne en partie autour du Jeu, une activité dans laquelle les Possédants gagnent et perdent la propriété de pans entiers du territoire états-uniens. Et contrôler un territoire revient plus ou moins à posséder aussi les gens qui y habitent.

Par dessus ça, on ajoute une couche d’extra-terrestres venant de Titan et ayant gagné une guerre contre les terriens. On saupoudre aussi d’une dose de pouvoir psy et d’une pincée d’objets parlants. Et voilà le résultat. Le roman a par moment un petit côté fourre-tout mais dans l’ensemble j’ai trouvé que ça allait à peu près. Même si j’ai parfois été un petit peu perdu quand l’action se déplace, mais ça m’arrive régulièrement dans les vieux bouquins de SF pas trop long et qui vont un peu vite, ou même parfois dans des livres plus récents.

La société que propose Dick a un côté fascinant, avec ce Jeu qui semble un mélange de Monopoly, de poker et d’autre chose. Et pour les Possédants, ce Jeu semble vraiment régir leur existence et en constituer le point central. On a aussi le portrait d’une humanité dont la population a très fortement fondu et dont la fécondité est devenu anémique. Un monde dans lequel la moindre grossesse est digne d’être annoncée dans les médias.

Ce roman donne un peu l’impression d’avoir rebondit dans tous les sens pendant que son auteur l’écrivait, car en cours de route l’intrigue se met à changer un peu de direction. On part notamment dans une espèce de paranoïa sur une infiltration de la société humaine, avec un complot. Tout ça s’ajoutant à l’enquête sur un meurtre et des problèmes de souvenir absents ou réécrits. Bref, c’est un petit peu le bazar par moment dans la tête du personnage principal mais aussi dans la mienne en lisant tout ça.

Dans l’ensemble, j’ai pas mal apprécié. Certains éléments m’ont un peu fait penser à Ubik et à Blade Runner. Et l’auteur a quelques développements intéressants sur la société qu’il présente. Mais j’ai aussi été un peu désorienté par la direction paranoïa et perception du réel. Et j’ai aussi trouvé un peu étrange la façon de présenter la relation entre humains et Vugs (les extra-terrestres originaires de Titan), les premiers semblant parfois avoir une attitude très méprisante voire presque violente envers les seconds, qui les ont pourtant battu lors d’un conflit et leur ont imposé le modèle de société basée sur le Jeu. Bref, je lui ai trouvé quelques défauts mais rien de rédhibitoire.

Les joueurs de Titan (The Game-Players of Titan)
de Philip K. Dick
traduit par Maxime Barrière
éditions J’ai Lu
250 pages (poche)

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