Si pour l’instant je n’ai parlé que de Rumiko Takahashi comme auteurice de manga sur ce blog, ce n’est pas la seule dont j’ai abondement parcouru l’œuvre. Parmi les auteurices concerné-e-s, il y a aussi Misturu Adachi. Bien qu’il ait été adapté en animation et que ses séries ont été diffusés en France (Theo ou la batte de la victoire, Tommy et Magalie et Une vie nouvelle), ce n’est pas ce biais que je l’ai découvert, mais directement par les traductions de ses mangas. Certaines ont même eut droit à une réédition sous forme de volume double, comme Katsu.
Katsuki (Satoyama) est un lycéen qui s’inscrit dans un club de boxe, pensant s’attirer l’attention de sa camarade… Katsuki (Mizutani). Sauf que cette dernière déteste ce sport. Commence alors une intrigue sentimentale et sportive pleine de quiproquo.
Certains auteurices s’attaquent un peu à tous les genres quand d’autres se concentrent sur un seul. Adachi appartient au deuxième groupe, puisque la plupart de ses grandes séries parlent d’intrigues sentimentales entre lycéens, dans un contexte sportif. Il s’agit souvent du baseball mais il arrive à l’auteur de s’intéresser à un autre sport, comme c’est le cas ici avec la boxe. On va donc en apprendre un peu sur cette discipline sportive, dont personnellement je ne connais pas vraiment grand chose.
On s’embarque dans un parcours un peu classique, avec un personnage principal qui va s’initier au sport, se découvrir certaines aptitudes lui facilitant sa progression, une évolution vers la réussite, tout en croisant divers adversaires sur son chemin. Ceci dit, on n’est pas dans du shonen de baston, avec tournoi et compagnie. La distribution reste assez limitée et l’histoire ne se résume pas à une succession de match. Oui, je sais que le shonen de baston/aventure ne se résume pas non plus à ça, mais vous voyez l’idée.
Car on est aussi dans une intrigue sentimentale. Laquelle démarre avec un Satoyama intéressé par Mizutani, sans que l’on sache trop si la réciproque est vraie. Tout ça va évoluer et s’étoffer au fil du récit, avec bien sûr l’apparition d’un rival potentiel, l’entrée en scène d’une fille intéressée par Satoyama, etc. S’y ajoute aussi des questions familiales : parents séparés ou décédés, adoption, etc.
Habitude de l’auteur, on retrouve des relations parents-enfants et frère-sœur propices à de nombreux situations comiques. Car l’humour ne manque pas dans cette série. Personnages qui se trompent de personne ou ont mal entendu, maladresse, etc. les situations ne manquent pas pour sourire. Adachi est aussi un grand habitué du 4e mur qu’il brise régulièrement. Ainsi, les personnages sont capables de faire la promotion des volumes d’une autre série de l’auteur ou bien de s’adresser directement à ce dernier s’ils trouvent un jeu de mot trop foireux ou pour se plaindre d’un enchaînement de vignettes identiques dont ils soupçonne qu’elle est plus imputable à la flemme de l’artiste qu’à une recherche d’effet. Sans oublier les moments où les protagonistes s’agacent d’une tentative de fan-service. Cet humour est vraiment l’un de ses marques de fabrique et cette série n’en manque pas.
J’ai donc passé un bon moment à la lecture de cette série où j’ai retrouvé tout ce que j’aime chez l’auteur : sa maîtrise des intrigues sportives et des relations sentimentales, tout en semant tout ça d’un humour qui va parfois vers le meta. Je reparlerai probablement du bonhomme ici un jour ou l’autre.

Katsu
de Mitsuru Adachi
éditions Nobi Nobi
8 volumes de 370 pages environ