L’écorcheur, de Neal Asher

Le britannique Neal Asher a développé un univers de SF, dit univers du Polity, qui compte à l’heure actuelle plus d’une dizaine de romans, soit la quasi-totalité de ses textes longs. L’écorcheur fut le premier édité en France et si la série ne semblait pas voir la suite arriver c’est maintenant chose faite avec le débarquement dans nos librairies de Drone.
La planète Spatterjay a un écosystème particulièrement agressif et la chaîne alimentaire y est très violente. Mais elle est aussi infestée par un micro-organisme qui accroît de manière importante les capacités de régénération de ses hôtes. Ainsi certains des humains infectés le sont depuis maintenant plusieurs siècles et ne semblent pas vieillir. Sur ce monde hostile trois voyageurs viennent d’arriver, chacun en quête de quelque chose de particulier. Erlin, jeune femme infectée par le virus et à la recherche d’un capitaine de pêche qui vogue sur les mers de Spatterjay depuis des siècles, Keech, un flic mort maintenu par la technologie dans un état proche de la vie, et Janer, un humain capable de communiquer avec l’autre espèce intelligente née sur Terre : les frelons.
Grâce à ces trois voyageurs on fait un peu le tour de la planète, et particulièrement des océans qui en couvrent la majeur partie. Le récit est assez bien fichu avec une ou deux surprises mais ce qui fait véritablement l’intérêt de l’ouvrage ce sont toutes les petites trouvailles de l’auteur dans la construction de son univers. Tout d’abord il y a la planète Spatterjay et son écosystème. Ce dernier est notamment décrit par une série de tête de chapitre qui forment une progression dans la chaîne alimentaire locale. Mais au-delà d’une faune particulière l’écorcheur recèle quantités de choses intéressantes, tels les réifiés ces humains qui refusent la mort et se maintiennent une existence physique tout en s’affranchissant de la décomposition du cadavre, ou bien les frelons présentés ici comme une espèce intelligente organisée en esprit de ruche. On n’oubliera pas une espèce extra-terrestre avec ses propres plans et surtout les IA et drones en tout genre parfois très caractériels et rappelant les IA de l’univers de la Culture de Banks ou bien les Tachikomas de la série animée Ghost in the shell : Stand alone complex. Tout ça sans parler des Voiles dont l’évolution est pleine d’intérêt.
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Le tout forme un cocktail agréable à lire, agrémenté de suffisamment d’action pour secouer un peu le lecteur de temps à autre. Si le côté action pourrait un peu évoquer les œuvres de Richard Morgan l’ambiance générale de l’univers que décrit Asher me fait surtout penser à l’univers des Inhibiteurs d’Alastair Reynolds. L’univers ne semble faire de cadeau à personne et la technologie ne paraît par forcément être une bénédiction.
Au final voilà un bon moment de lecteur pour les amateurs de SF contenant de l’action, de la technologie bien futuriste, de l’exploration de milieu extrême, des aliens & des IA, etc. L’univers que présente l’auteur est vraiment riche de possibilités et ça tombe bien puisque Neal Asher a écrit nombre d’autres textes dans la même série et qu’il n’a pas l’air décidé à s’arrêter. Ce sera un plaisir de s’y intéresser à l’avenir.
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L’écorcheur (The Skinner)
de Neal Asher
traduit par Jean-Pierre Pugi
illustration de Stephan Martinière (grand format) Marc Simonetti (poche)
éditions Fleuve Noir (grand format) Pocket (poche)
312 pages (grand format) 576 pages (poche)
 Vous avez le choix pour lire l’écorcheur, soit le grand format, soit le poche.

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