Passage, de Connie Willis

Connie Willis n’est pas l’auteur dont je parle le plus souvent, mais elle fait partie de ceux dont j’ai le plus plaisir à lire les ouvrages. Sa production de roman étant assez limitée, j’évite de les enfiler les uns après les autres. Mais comme cela fait un moment que je n’en ai pas lu, j’ai décidé dernièrement de me lancer dans la lecture de Passage.

Joanna Lander est médecin et étudie les expériences de mort imminente (EMI). Entre les patients près à raconter n’importe quoi pour se faire remarquer et ceux influencés par une sorte de gourou de la vie post-mortem, elle a du mal à séparer le bon grain de l’ivraie. Mais son chemin croise celui de Richard Wright, un neurologue qui a découvert qu’une drogue pouvait permettre de simuler une EMI. Démarre alors une collaboration qui cherche à trouver la réponse à l’un des grands mystères : qu’y a-t-il au-delà de la mort ?

Il n’est pas difficile de reconnaître dans Passage une œuvre de Connie Willis. Les protagonistes doivent esquiver quelques personnages rasoirs, le plan de l’hôpital est vraisemblablement non-euclidien et contraint en permanence à des détours improbables, il est un peu question de cinéphilie et on évoque légèrement Agatha Christie. Bref, on reconnaît bien l’auteur de Sans parler du chien, Remake, Le grand livre ou encore Blackout / All Clear.

Passage est un épais bouquin, probablement le roman le plus épais de l’auteur (si on considère Blackout indépendamment de All Clear). Et on y trouve donc quelques longueurs, l’intrigue principale faisant parfois quelques pauses. Ceci dit, je n’ai eu aucun problème à lire l’ouvrage. Le style de Willis fait que cela se lit très bien et même quand elle brode un peu trop j’ai quand même plaisir à lire sa plume. C’est aussi parfois dans les trucs en trop que se niche ce qui pour moi fait le charme de ses textes : ça aide à s’attacher aux personnages. Dans Passage, Willis nous propose une nouvelle fois des personnages qu’elle arrive à rendre tour à tour drôle ou touchant. Dans cette galerie de portraits, on croise quelques rasoirs, des loufoques de toutes sortes, ceux qui semblent avoir perdu un boulon mais souffrent en réalité de solitude ou d’abandon. Et tout en haut, Maisie, petite fille malade dont l’espérance de vie semble bien réduite et dont la mère semble dans le déni le plus complet. Maisie qui alimente une véritable obsession sur la mort et en particulier les décès hors normes et les catastrophes.

La mort est d’ailleurs omniprésente dans l’ouvrage, du fait du sujet d’étude de Joanna et du milieu hospitalier. Pourtant, Passage n’est pas un livre morbide et c’est une belle réussite de la part de Willis d’avoir réussi à écrire un récit si volumineux et centré sur ce sujet tout en arrivant à faire sourire voire rire le lecteur. Et quand le drame frappe, elle sait mettre du baume au cœur. Il est aussi assez régulièrement question du Titanic et de son naufrage. On sent que Willis s’est abondamment documentée sur le sujet et elle sait véritablement faire revivre cet événement. Au passage elle réussi à écrire quelques scènes qui ont su me saisir et me plonger pleinement dans une ambiance.

Passage est au final un livre probablement un peu trop long, sans que cela m’ait gêné une seconde. Willis montre une fois de plus qu’elle sait creuser un sujet tout en créant des personnages qui m’emballent, sans jamais oublier le casse-pied de service. Et parfois, il n’en faut pas plus pour me plaire.

Passage (Passage)
de Connie Willis
traduit par Jean-Pierre Pugi
éditions J’ai Lu
920 pages (poche)

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Une réflexion sur « Passage, de Connie Willis »

  1. C’est le premier Connie Willis que j’ai lu, j’avais A-DO-RE à l’époque. Je l’ai racheté depuis mais j’ai toujours un peu peur de le relire, des fois que je ne lui retrouve pas le même charme ^^.

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