Fondation et Empire, d’Isaac Asimov

Il y a peu, j’ai relu ce grand classique de la science-fiction qu’est Fondation. L’ouvrage avait fait forte impression sur le jeune lecteur de SF que j’étais quand je l’ai lu pour la première fois et le lecteur « aguerri » que je suis aujourd’hui a beaucoup apprécié cette relecture. Les trois premiers volumes de ce cycle étant étroitement liés, je n’ai pas tardé à passer au deuxième : Fondation et Empire.

La Fondation voulue par Hari Seldon pour préserver le savoir humain pendant la période de chaos suivant la chute de l’Empire Galactique a survécu à ses premières crises. Rien ne semble pour le moment entraver le plan du fondateur de la psycho-histoire. Mais il reste encore bien des siècles avant la fin du millénaire de période intermédiaire pronostiqué par Seldon et tout autant d’occasions d’échouer.

Le premier volume regroupait cinq textes différents. Cette fois, ils ne sont plus que deux au sommaire : Le Général et Le Mulet. Les textes sont donc plus longs et les intrigues un peu plus développées. On retrouve cependant un peu la même forme que pour les récits du précédent volume. Chaque histoire contient sa part de petites redites au début, mêlées d’informations sur ce qu’il s’est passé depuis la fin du précédent récit. Et ça fonctionne toujours aussi bien, vu la vitesse à laquelle je replonge dans le texte.

Je vais me permettre un petit aparté sur un truc qui m’agace assez souvent dans les ouvrages : le coup du personnage qui demande à un autre de lui expliquer quelque chose qui devrait pourtant être évident. Cet artifice est souvent (très mal) utilisé pour donner au lecteur des informations qu’on ne veut pas lui donner par un passage explicatif. Cela a le don de m’agacer prodigieusement. Asimov utilise lui aussi cette technique, mais il sait s’en servir correctement et nombre d’auteurs feraient bien d’en prendre de la graine. Il en avait déjà fait usage dans Fondation, où cette question déclenchait la colère d’un personnage qui demandait furibard ce que son interlocuteur pouvait bien avoir fichu pendant sa scolarité… et tout ça finissait par avoir un sens à la fin de l’histoire. Ici, Asimov réutilise ce vieux truc de façons différentes mais toujours avec un minimum de vraisemblance. Et ça passe très bien.

Cette relecture est intéressante parce qu’elle permet de regarder des éléments d’intrigue de façon différente. Connaissant la fin d’une histoire, on n’a plus le même regard sur les rebondissements. Sur ce plan, la relecture de Fondation et Empire s’avère plus intéressante que celle de Fondation, en bonne partie du faite de la seconde histoire, Le Mulet. Si dans le Général on reste encore dans la droite ligne des récits précédents, la deuxième partie de ce volume propose deux nouveautés dans ce cycle. D’abord le fait que l’un des personnages principaux est une femme, quasiment la première (mais heureusement pas la dernière) à apparaître dans le cycle. Ensuite Le Mulet est le premier texte dans lequel on voit la Fondation véritablement dérailler. Le plan Seldon n’est heureusement pas sans faille et Asimov nous propose donc de voir comment les choses vont aller de travers. Ceci permet à l’auteur de rompre avec un schéma qui commençait à devenir un peu répétitif et de proposer un vrai suspense. Ce dernier est d’ailleurs toujours de mise à la fin du texte puisque si une intrigue se clôt à la fin du volume, il reste des éléments en suspens qui demandent à lire Seconde Fondation pour en savoir plus.

Sans surprise, Fondation et Empire est un plaisir à relire, peut-être même encore plus que le premier volume. La Fondation affronte enfin une menace que Seldon ne semblait pas avoir prévu et l’ouvrage se termine même avec une pointe de suspense. Bien que connaissant la suite des événements, je ne tarderai pas à relire Seconde Fondation.

Fondation et EmpireFondation et Empire (Foundation and Empire)
d’Isaac Asimov
traduit par Jean Rosenthal & Philippe Gindre
illustration de Alain Brion
éditions Folio SF
416 pages (poche)

Retour au sommaire

Une réflexion au sujet de « Fondation et Empire, d’Isaac Asimov »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.