J’ai déjà parlé ici de plusieurs jeux mettant en scène Hercule Poirot. Comme nous avons bien pris plaisir à ses différentes aventures, nous continuons sur les productions de ce type et sommes donc arrivés à Murder on the Orient Express. Un épisode inspiré par l’une des plus célèbres enquêtes du détective belge.
Alors, est-il possible de faire un jeu en partant de l’une des intrigues les plus connus de toute l’histoire de la littérature policière ? Est-ce qu’on ne va pas finir par s’ennuyer un peu lorsque l’on connait le twist ? On va voir que pour nous les réponses sont oui à la première question et non à la seconde.

Le jeu fait le pari de ne pas situer l’intrigue dans son époque à en notre temps. On retrouve donc un Hercule Poirot des années 2020, qui se retrouve invité à voyager à bord de l’Orient-Express, dans une version à vapeur qui doit célébrer un anniversaire. On se retrouve bien sûr bloqué par la neige en pleine Europe de l’Est, au moment où l’un des passagers du train est assassiné. A nous d’enquêter.
Le jeu nous a d’abord fait réaliser une petite résolution de problème, pour que l’on apprenne à déplacer le personnage et à découvrir les mécaniques de résolution. Elles sont un peu différentes de celle des jeux précédents, mais on reste dans un système où il faut répondre régulièrement des questions sur la base de certains indices. On va aussi trouver pas mal de casse-tête à résoudre. Apparemment, les passager de l’Orient-Express sont nombreux à raffoler de ce genre de trucs, vu la fréquence à laquelle on en trouve dans le train.

Bien que connaissant déjà tous deux l’intrigue, nous avons pris beaucoup de plaisir à diriger Hercule Poirot, avec sa moustache, son égo et ses petites cellules grises. Et il n’y a pas à dire : si un personnage est bien écrit, notamment dans ses dialogues, on a beau savoir vers où nous dirige l’histoire, on s’amuse beaucoup. D’autant plus qu’une nouvelle fois, le doublage anglophone du jeu utilise pour Poirot un locuteur maitrisant les intonations francophones. Ce qui est particulièrement appréciable puisque ses répliques dans la langue de Shakespeare sont bourrés de mots français. Tous les autres personnages ont des personnalités bien définies et on profite bien des interactions que l’on a avec eux.
Tout cela serait déjà plutôt satisfaisant. Mais le jeu ne s’est pas arrêté là. Car il contient en fait une deuxième intrigue, que l’on découvre en cours de route après la rencontre d’un certain personnage. On va alors faire des aller-retours entre le passé et le présent et les deux fils narratifs. Ce qui va avoir un double avantage. D’abord, cela va permettre de ne pas passer tout le jeu à aller et venir dans le train, qui représente quand même un milieu assez limité et un peu monotone. Ensuite, cette deuxième enquête va apporter des éléments qui permettront à celleux ne connaissant pas encore le roman d’avoir des éléments en main pour ne pas découvrir l’affaire Armstrong d’un seul coup lors de la fin du récit. Enfin, cela en rallonge gentiment la durée de vie, puisqu’il nous a fallu une douzaine d’heures pour aller jusqu’au bout.

En plus de tout ça, le studio réserve une petite surprise pendant le générique de fin, qui là aussi nous a bien fait plaisir.
Voici donc un jeu qui non seulement a bien mis en scène le personnage d’Hercule Poirot et rien que pour ça en est agréable mais qui en plus a su dépasser le cadre du récit d’Agatha Christie pour enrichir l’intrigue et offrir ainsi du supplément de mystère pour celleux qui connaissent déjà l’intrigue. Tout ça avec un doublage anglophone très plaisant (le jeu existe aussi avec un doublage francophone). Le même studio a depuis sorti un nouvel épisode avec la même version d’Hercule Poirot, reprenant cette fois l’intrigue de Mort sur le Nil. Un jeu que nous comptons bien faire un jour prochain.

Agatha Christie – Murder on the Orient Express
développé par Microids Studio Lyon
édité par Microids
disponible sur Windows, XBox One / X|S, PS4/PS5, Switch