Dehors les chiens, les infidèles, de Maïa Mazaurette

Voilà un livre fort bienvenu. Point trop long et tenant tout seul. De plus Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette parvint à œuvrer dans un registre généralement peu exploité, celui de la fantasy post-apocalyptique.

L’esclave, de Carol Berg

« Quand y en a plus, y en a encore ». Encore une trilogie, celle des livres des Rai-Kirah de Carol Berg dont le premier volume L’esclave est sorti le mois dernier.
Seyonne est esclave depuis seize ans. Son peuple a été envahi puis asservi par l’empire Derzhi et celui qui était l’un de leurs gardiens chargés de combattre les démons et les chasser des gens qu’ils possèdent n’est plus maintenant qu’un simple esclave sans pouvoir, passant de propriétaire en propriétaire. Mais la vie de Seyonne va connaître un brusque changement lorsqu’il entre au service d’Aleksander, prince héritier de l’empire. Ce dernier ne faisant que peu confiance à ses scribes décide de se doter d’un esclave apte à lire et écrire, lui-même ayant décidé de ne pas s’abaisser à ce genre de tâche. Seyonne, narrateur du récit, va vite découvrir l’habitude de son nouveau maître à régler nombre de problèmes par des méthodes qui tendent à les faire empirer.
Tout le récit est vu par l’intermédiaire de Seyonne avec sa vision du monde particulière. Il a tenté de se déshumaniser lui-même, s’interdisant l’espoir qui ne peut être que source de déconvenue et de douleur pour un esclave. Mais certaines habitudes ont la vie dure et son nouveau maître ne va pas faire grand chose pour atténuer les envies de liberté qui petit à petit renaissent chez l’ancien chasseur de démons. Les choses vont se compliquer légèrement lorsque Seyonne va prendre conscience qu’Aleksander est l’homme qu’une prophétie lui promettait comme maître à servir dans sa lutte contre les démons. Autant dire que le pauvre esclave ne part pas favori.
L’un des attraits du livre est clairement le personnage d’Aleksander. Fils d’empereur appelé à succéder un jour à son père à la tête de la nation, mais sacrément dépourvu du tact nécessaire à l’accomplissement sans douleur de ce genre de travail. On assiste ainsi à quelques belles bévues qui créent parfois des ennuis en cascade. Mais Aleksander, au-delà de son côté borné, est aussi un homme de parole empreint d’une certaine droiture morale. Le genre à savoir reconnaître et payer ses dettes.
l'esclave gfL’univers développé par Carol Berg contient quelques éléments assez sympathiques, notamment tous le système pour affronter les démons que je trouvais pas mal du tout. Par contre je dois avouer m’interroger sur certaines des décisions de l’empereur vis à vis des Khélid en début de récit. Il me semble s’embourber un peu facilement, mais l’on peut toujours mettre ça sur le compte du point de vue forcément limité de Seyonne. Ce dernier n’ayant pas accès à toutes les données, loin s’en faut, il ne peut que deviner certaines choses sans certitude de donner dans le vrai.
J’avoue que sur la fin y a un ou deux détails qui m’ont un peu agacé mais dans l’ensemble le livre se termine correctement, se laissant les ouvertures nécessaires pour la suite de la trilogie tout en clôturant suffisamment de fils narratifs pour permettre de s’arrêter là.
La couverture, à l’illustration sympathique, possède un gaufrage sur le titre, dans le plus pur style des éditions d’outre-Atlantique qui tend à se répandre tout doucement par chez nous. L’ensemble se lit tranquillement et la suite trouvera sans soucis le chemin de ma pile « à lire ». Bref une lecture agréable pour occuper son week-end de printemps.
l'esclave poche
L’esclave – Les livres de Rai-Kirah 1 (Transformation)
de Carol Berg
traduit par Elisabeth Vonarburg
illustration de Jean-Sébastien Rossbach (grand format) Bruno Wagner (poche)
éditions Bragelonne (grand format) Folio SF (poche)
480 pages (grand format) 624 pages (poche)
Pour en faire l’acquisition, deux formats : grand ou poche
Pour les curieux l’éditeur propose les premières pages du livre sur son blog

Acacia, de David Anthony Durham

Le Pré aux Clercs semble décidé à frapper fort en cette fin d’année avec ce roman de David Anthony Durham. Acacia pèse 670 pages, écrit petit et ce n’est que le premier volume. Le tout livré sous couverture de Didier Graffet, avec quatre petites vignettes au dos représentants les quatre personnages centraux de ce roman. L’éditeur s’est aussi fendu d’un site pour l’occasion. Même le prix est relativement faible pour une telle épaisseur de papier. Bref tout semble fait pour faire de ce livre la nouvelle locomotive de la collection. Mais est-ce que cela vaut la peine de s’engager dans un n-ième premier volume d’une série dont on ignore encore combien de livres elle comptera ?
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