Les mois passent et j’avance dans ma lecture des romans de Philip K. Dick. Ce mois-ci, c’est au tour de Simulacres, un roman dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Voyons donc de quoi il retourne.
Nous sommes quelque part dans le vingt-et-unième siècle et les États-Unis ont fusionné avec l’Allemagne. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée, mais voilà une bonne occasion de pratiquer la suspension consentie d’incrédulité qui est bien nécessaire à l’appréciation d’un certain nombre d’œuvres de SF. L’organisation politique obéi à une règle un peu étrange et l’on vient de décider d’interdire la pratique de la psychanalyse, ce dont je ne peux que me féliciter mais qui semble perturber plusieurs personnages.
On a pas mal de choses entassées dans ce roman : des pouvoirs psys, une colonisation spatiale en toile de fond, des êtres synthétiques, une géopolitique du futur comme la SF d’autre fois savait en pondre (cf. ci-dessus), des manipulations de l’opinion, une organisation des immeubles avec assemblée à présence obligatoire… Bref, y a pas mal d’éléments et de détails que l’on voit passer.
Dont quelques trucs qui n’en sont pas à leur première, ni probablement dernière occurrence chez l’auteur. Je note en particulier que Dick semble avoir un truc avec le fait de faire des assemblées de copropriété qui ressemblent plus à des comités d’enquête qu’autre chose. Ça ne donne vraiment pas envie d’aller s’installer dans ce genre d’environnement urbain.
Il y a pas mal de personnages différents dont on a le point de vue et si par moment l’auteur donne l’impression, comme c’est le cas dans une partie des romans précédents, de monter son intrigue au fur et à mesure qu’il écrit, j’ai tout de même eu la sensation de quelque d’assez maîtrisé. J’ai notamment vu quelques passages où plusieurs fils narratifs se croisaient de façon bien rythmée et ordonnée, chose que je n’avais pas trop vu jusque là chez Dick.
Ce Simulacres a donc été une lecture plaisante. On y retrouve pas mal de choses qui sont devenues récurrentes chez l’auteur. Et j’ai eu la sensation que le roman était un peu mieux agencé en terme de déroulement de l’intrigue que certains de ses ouvrages précédents.

Simulacres
de Philip K. Dick
traduit par Christian Guéret & Marcel Thaon
éditions J’ai Lu
250 pages (poche)