Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé ici de Batman. C’est donc le moment de déterrer un classique pour une relecture. Et c’est donc Batman – Silence qui y a droit, parce qu’une suite a récemment été publiée en anglais. Je me rafraîchis un peu la mémoire, et pour une fois je le fais en VF.
Batman intervient pour résoudre une prise d’otage. Et il est fort surpris de constater que derrière les preneurs d’otage se trouve Killer Croc, qui tente de s’enfuir avec la rançon. Ce qui ne cadre pas avec le comportement habituel du personnage. Débute alors une intrigue qui va s’étaler sur douze numéros.
Silence est une de ces séries en douze épisodes écrites par Jeph Loeb. Le scénariste avait déjà œuvré avec Tim Sale sur Un Long Halloween et Amère Victoire, deux autres classiques consacrés à Batman. Mais cette fois, il s’associe à Jim Lee, un dessinateur connu autant pour son trait que son respect un peu aléatoire des deadlines.
La longueur du récit permet aux créateurs de prendre un peu leur temps et convoquer toute une galerie de personnages : Killer Croc, Poison Ivy, Harley Quinn, le Joker, Ridler, etc. La plupart des méchants habituels sont de sortie. Avec en prime un petit nouveau : Silence. Un personnage qui reviendra plusieurs fois par la suite dans l’univers de Batman et qui a bien gagné sa place dans la liste de ses grands adversaires.
Si l’on a une intrigue principale reposant sur le démêlage d’un écheveau d’adversaires obéissant à un plan destiné à avoir la peau de l’homme chauve-souris, on a aussi tout un pan de l’histoire qui repose sur la relation entre Batman et Catwoman. Cet arc est celui dans lequel Bruce se révèle enfin à Selina.
A côté de tout ça, on a bien sûr une bonne dose d’action, avec des méchants qui tapent fort et un Batman qui rend les coups. Et visuellement, c’est vraiment beau. Jim Lee est évidemment au top et ça se voit. L’artiste s’est littéralement construit une réputation sur sa difficulté, voire son incapacité, à respecter les délais mais le résultat est à la hauteur. Et dans certaines scènes, notamment celle de l’opéra, on voit bien que Lee s’est défoncé pour ajouter des détails en veux-tu en voilà. Y a aussi quelques très belles planches de flashback où l’artiste a utilisé une autre technique. L’édition française étant une reprise de l’édition Absolute américaine, elle est dans un format un peu agrandi par rapport au format classique et ça permet de bien profiter du dessin.
La reprise de l’édition Absolute permet aussi d’avoir un certain nombre de bonus intéressants. D’abord une interview par chat en début de volume. Ensuite, une galerie de couverture. Puis douze pages de commentaires de Jim Lee avec une multitude de détails pointés par l’artiste. Enfin, du pas à pas et de nombreux croquis. Bref, c’est bien enrichi.
Cette relecture a été un vrai plaisir. D’une part, j’ai apprécié de retrouver une intrigue à multiples rebondissements, où l’on voit Batman remonter le fil des super-méchants pour essayer de comprendre qui se cache en haut de la pile. D’autre part, j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder les dessins de Jim Lee, dont la production est bien rare mais toujours la bienvenue. Et donc, quand j’arriverai à mettre la main sur une version paperback de la suite récemment publiée, je me ferai un plaisir de la lire et éventuellement d’en causer un peu ici.

Batman – Silence (Batman – Hush)
écrit par Jeph Loeb
dessiné par Jim Lee
encré par Scott Williams
colorisé par Alex Sinclair
lettré par Richard Starkings
éditions Urban Comics
380 pages