On continue sur la série anthologique Batman : Urban Legends avec ce cinquième volume qui contient cette fois quatre histoires. Ce sera donc un peu moins varié que le précédent volume.
On commence par retrouver The Signal et les Outsiders pendant deux fois vingt-deux planches. Les Outsiders ne sont vraiment pas l’équipe de super-héros qui m’emballe le plus et Duke Thomas est vraiment un peu au fond de la liste des membres de la Batfamille quand je l’ordonne par intérêt. Pourtant, j’ai bien apprécié cette histoire, au contraire d’une autre qui était consacrée aux mêmes personnages dans un autre volume de la série. Le principe est assez basique, on a un Duke en train de sombrer parce qu’il tente de mener son enquête personnelle tout en continuant à participer aux missions de l’équipe, sans demande d’aide. Tout ça se résout gentiment.
On a ensuite The Murder Club, avec cette fois quatre fois vingt-deux planches. C’est donc un récit assez long, avec en plus Batman / Bruce Wayne au centre de l’histoire. Ce dernier enquête sur une série de morts mystérieuses. Une affaire qui va le mener sur les traces du club qui donne son titre à cette histoire, mais aussi à affronter une surprise de taille : le retour de ses parents d’entre les morts. Voilà qui rajoute un certain piment à l’intrigue. Et j’ai trouvé que c’était bien exploité : on voit les doutes de Bruce sur la réalité de la chose, les réactions d’autres membres de la Bat-famille (dont Alfred puisqu’on est sur une histoire se passant avant sa disparition). L’intrigue sur le Murder Club est bien aussi et tout ça est dans l’ensemble joliment dessiné. Bref, c’est une histoire de Batman qui tient bien toute seule et ça fait toujours plaisir.
Dans The Pennyworth Files, on retrouve bien évidemment Alfred Pennyworth. Ce dernier mène une enquête, le temps de trois fois dix planches. Au programme : vieilleries, meurtres, bombes à désamorcer, et possiblement horreurs lovecraftiennes. J’ai bien aimé cette histoire, où l’on voit qu’Alfred n’a pas la même façon de régler les problèmes que son employeur, mais qu’il est tout de même un homme aux nombreuses ressources. J’ai particulièrement aimé les petits échanges à distance entre lui et Batman, ce dernier étant toujours plongé dans des situations de vie ou de mort quand son majordome l’appelle. Je ne suis pas vraiment fan du style de Chris Burnham, mais ça passe très bien dans ce récit.
Enfin, on termine ce volume avec Arkham Academy, là aussi en trois fois dix planches. On y suit les rejetons de divers super-méchants, qui sont incarcérés dans un centre de redressement. Le truc pue à plein nez la magouille et l’injustice (certains n’ont rien commis mais sont enfermés jusqu’au cas où, du fait de leur ascendance). Et l’on n’est donc pas trop surpris lorsque ça part de traviole. On a là une histoire assez typique que l’on trouve dans ce genre de série anthologique, ainsi que dans les backup stories : un récit qui introduit de nouveaux personnages et de nouvelles situations et qui peut éventuellement servir de prélude à un récit plus longue (série limitée, etc.) Quand c’est bien fait, ça se lit tranquillement et ça n’a pas besoin d’une suite pour tenir tout seul. C’est à peu près le cas ici : on voit des personnages prendre conscience qu’une situation n’est pas celle qu’ils imaginaient, sans que cela aille beaucoup plus loin. Et c’est bien normal vu la taille de l’histoire. Cela ne mènerai probablement pas plus loin et pour moi ce n’est pas bien grave : j’ai passé un bon moment en la lisant et je ne m’attends pas à revoir ces personnages par la suite. Et si jamais ça finissait par arriver, cela me fera une agréable surprise. En attendant, j’ai bien apprécié le dessin d’Hayden Sherman qui officie sur ce récit.
Voici donc un cinquième volume qui contenait des récits plus ou moins longs et dans l’ensemble assez satisfaisants. Rien de révolutionnaire mais quelques idées intéressantes, des personnages bien caractérisés, de l’humour, de l’action, des récits bien menés et de belles planches à regarder. C’est largement assez pour me satisfaire sur ce genre de série.

Batman : Urban Legends – Volume 5
écrit par Brandon Thomas, Joey Esposito, Chris Burnham & Dennis Culver
dessiné par Alberto Jimenez Albuquerque, Vasco Georgiev, Chris Burnham & Hayden Sherman
colorisé par John Kalisz, Alex Guimarães, Nathan Fairbairn & Jordie Bellaire
lettré par Steve Wands, Carlos M. Mangual, Rus Wooton & Pat Brosseau