Le château noir, de Glen Cook

La relecture de La compagnie noire s’étant bien passée, je poursuis l’affaire en relisant le deuxième volume, intitulé Le château noir en français. Le premier opus laissait certes quelques portes ouvertes pour l’avenir, mais dans l’ensemble l’intrigue était à peu près bouclée. Alors quelle approche Glen Cook a-t-il suivi pour ce deuxième volume ?

La compagnie noire a réussi à contrer l’assaut des rebelles sur la forteresse de la Dame, tout en déjouant les manigances de certains de ses asservis. Mais son engagement au service de la Dame n’est pas pour autant terminé, car l’empire a un besoin d’expansion permanent et les adversaires tant intérieurs qu’extérieurs ne manquent pas. Et pour certains, la lassitude s’installe, le doute pointe son nez et la dépression guette. Et ce n’est pas l’objectif flou de la nouvelle mission confiée à la compagnie qui va arranger les choses.

Pour ce deuxième épisode des aventures de la compagnie noire, Glen Cook a choisi une forme un peu différente du premier volume. On dispose toujours du point de vue à la première personne de Toubib, mais celui-ci est doublé par un récit à la troisième personne qui s’intéresse à un autre personnage. Ce dédoublement des points de vue entraine un découpage en chapitres plus courts, ce qui peut donner l’impression d’avancer plus rapidement dans la lecture. Ce deuxième point de vue est intéressant et a son utilité au niveau de l’intrigue. Il est aussi remarquable par le côté misérable et lâche du protagoniste concerné et s’apparente à une sorte de descente aux enfers.

Le château noir pocheDu côté de l’ambiance, les ténèbres sont toujours là et on sent l’angoisse des personnages qui côtoient ces puissances qui les dépassent et les inquiètent. On ressent aussi la fatigue des membres de la compagnie noire, une fatigue tant physique à force de courir à travers le monde que morale. Certains craquent et d’autres vivent dans le doute à propos de l’engagement de la compagnie auprès de la Dame. Tout comme dans le précédent volume, Cook n’hésite pas à faire des ellipses lorsque la nécessité se présente. Cela peut dérouter un peu qu’un voyage de milliers de kilomètres soit passé quasiment sous silence, mais ça allège bien l’ensemble et on gagne en efficacité en évitant de se disperser dans des sous-intrigues sans lien direct avec le propos de l’ouvrage.

Ce deuxième volume se relit aussi rapidement que le premier et avec tout autant de plaisir. Le point de vue de Shed laisse encore ce goût de lâcheté crasse qu’il avait déjà à la première lecture et l’ambiance qui règne au sein de cette compagnie de mercenaires fatigués et désabusés fonctionne encore très bien. L’ouvrage se termine avec une fin qui invite évidemment à lire la suite, même si l’on peut s’en passer. Et je vais bien évidemment poursuivre ma relecture de la série, rien dans ces deux premières volumes ne m’ayant donné l’impression de perdre mon temps.

Le château noir gfLe château noir (Shadows Linger)
de Glen Cook
traduit par Alain Robert
illustration de Didier Graffet / Johan Camou
éditions L’Atalante / J’ai Lu
396 pages (format moyen) 413 pages (poche)

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