Coeur d’acier, de Brandon Sanderson

Brandon Sanderson est connu pour ses cycles de fantasy ambitieuse, comme Fils-des-brumes ou sa nouvelle série Les Archives de Roshar dont on attend toujours la publication en français. Mais il est aussi l’auteur d’un certain nombre d’œuvres plus mineures, comme la série de romans jeunesse Alcatraz. C’est l’une de ces œuvres que les éditions Orbit nous ont proposé en début d’année : Coeur d’acier, premier volume d’une nouvelle série.

On pensait que les super-pouvoirs pouvaient amener à l’émergence d’une classe de super-héros. Malheureusement, on ne vit que l’apparition de super-méchants, les Épiques, qui rapidement prirent le pouvoir sur le pays, s’approprièrent chacun le contrôle d’une ville et, pour l’un d’entre eux, tua le père de David Charleston. Ce dernier ne vit plus maintenant que pour une seule chose : tuer Coeur d’acier, l’Épique dirigeant Newcago, la nouvelle version de Chicago. Et pour y arriver, il tente d’intégrer les Redresseurs, seul groupe connu de résistance aux Épiques.

Avec ce roman, Sanderson fait une incursion du côté des super-héros. Si l’on avait déjà une légère approche de la question avec Fils-des-brumes, cette fois on plonge en plein dans le sujet. Fidèle à lui-même, l’auteur a créé un univers détaillé dont il a peaufiné tous les éléments, en réfléchissant aux implications de son postulat de départ. Le livre a donc son comptant de petits détails qui rendent l’ensemble assez vivant. Le tout servi par la plume fluide de Sanderson, égal à lui-même sur ce point.

On trouve une certaine similitude avec L’empire ultime, premier volume de Fils-des-brumes, avec ces résistants qui tentent de préparer la chute du régime en place, tout comme le faisaient Kelsier et sa bande. Sanderson a aussi lâché quelques petites références aux super-héros et à leurs créateurs, par le biais de certains noms de lieu.

Cependant, j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose à ce livre. Je n’y ai pas pris le plaisir que j’attendais d’un Sanderson. Autant je m’étais bien amusé à lire Alcatraz, lui aussi un récit à la première personne mais destiné à un public un peu plus jeune, autant j’ai connu quelques moments d’ennuis avec Coeur d’acier et jamais de moment de franc enthousiasme.  Si ses grandes séries sont manifestement destinées à un public adulte, et qu’Alcatraz vise la jeunesse, Coeur d’acier semble coincé entre les deux. Cela vient en partie du choix de narration, à la première personne, qui donne les commandes du récit à un personnage bloqué dans une monomanie. Et là où le jeune Alcatraz parvenait à m’amuser avec ses pensées, David n’arrive qu’à m’agacer. D’où un problème d’empathie avec les personnages qui m’a finalement tenu un peu à l’écart du récit.

Coeur d’acier est donc pour moi une déception. J’espérais retrouver la fraîcheur d’Alcatraz, mâtinée de super-héros, mais j’ai lu un roman dont le narrateur n’a jamais réussi à m’emballer. Peut-être serai-je tenté de lire le volume suivant lorsqu’il sortira, mais ce ne sera pas pour le personnage principal, seulement pour voir la façon dont évolue l’univers construit par Sanderson.

coeur d'acierCoeur d’acier (Steelheart)
de Brandon Sanderson
traduit par Mélanie Fazi
illustration de Mike Bryan
éditions Orbit
326 pages (grand format)

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4 réflexions sur « Coeur d’acier, de Brandon Sanderson »

  1. Pour de la littérature SF/super héros, mais dans un ton plus « pulp »,rien ne vaut « Magie brute » de Larry Correia.

    Déjà que le Sanderson adulte est parfois franchement gnan-gnan, je préfère rester sur ces cycles-là…

    1. Oui, dans le genre super-héros c’est plus attrayant comme bouquin.
      Après, je ne te suivrais pas sur les Sanderson adultes, que je ne trouve pas si gnan-gang que ça. Enfin, ça dépend par rapport à quoi on le compare. Par rapport à Robin Hobb, Sanderson n’est pas si gnan-gnan que ça. :p

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