Le sang des 7 rois, livre 1, de Régis Goddyn

2013 semble une année intéressante au niveau de la fantasy française. En effet, les principaux éditeurs du genre lancent plusieurs auteurs, avec une certaine ambition affichée au niveau des œuvres proposées. Premier de la liste, la maison nantaise l’Atalante avec le premier volume du Sang des 7 rois, de Régis Goddyn.

Lorsqu’on lui confie la traque des ravisseurs de deux enfants, Orville, simple sergent au fin fond du royaume, ne s’imagine pas qu’il est sur le point de voir sa vie, ses certitudes et ses croyances balayées. Ce qui démarre comme une enquête sur le rapt un peu curieux d’un garçon et d’une fille évolue peu à peu en une intrigue capable de faire s’effondrer les sept royaumes.

Voilà le début d’un projet ambitieux. Pas moins de sept volumes sont prévus pour conter le récit que nous propose Régis Goddyn. Sept volumes d’un seul et unique roman. On pourra trouver le début un peu lent, mais l’auteur propose d’emblée quelque chose d’un peu mystérieux au lecteur (l’enlèvement des enfants) avant de lui fournir moult détails sur son univers. Ce dernier semble relativement simple au premier abord : pas de créatures fantastiques, pas de magie et un unique continent découpé en sept royaumes simplement numérotés. Mais cette apparente banalité cache une certaine complexité que Goddyn nous dévoile peu à peu. L’histoire s’enrichit en route d’un deuxième personnage principal, Rosa, dont le point de vue apporte un éclairage bien différent sur les agissements de certains protagonistes et montre aussi un côté bien plus sombre de cet univers.

Goddyn fouille plutôt bien ses personnages et on voit poindre quelques références de littérature par endroit (une partie a un petit côté l’île mystérieuse). Le démarrage de ce grand récit est aussi un peu aux antipodes de certains classiques du genre. On a certes le héros en devenir qui vient un peu de nulle part et découvre qu’il pourrait être destiné à de grandes choses, mais Goddyn élargit ensuite doucement la perspective, sans donner toute de suite dans le traditionnel « le monde entier est en danger et tu dois le sauver ». Cela permet une découverte plus progressive de l’univers et des enjeux qui l’animent, permettant d’en absorber un peu plus facilement la complexité.

J’ai eu par moment un petit peu de mal avec certaines explications, car Goddyn met plusieurs factions en présence et je ne suis pas sûr de pouvoir tracer clairement la frontière entre les différents clans. Mais l’ouvrage dispose à la fin d’un glossaire qui permet d’éclaircir assez facilement les petites zones d’ombre. La première partie, centrée sur Orville, pourrait confiner à la monotonie par manque de changement de point de vue, mais le rythme plutôt maîtrisé de l’intrigue permet d’avancer et de faire tourner les pages sans s’en rendre compte.

Mais au-delà des quelques petits défauts, je suis arrivé rapidement au bout de l’ouvrage avec la terrible envie de lire la suite. Heureusement, l’Atalante promet le volume seulement quelques mois après le premier. En tout cas, je trouve ce premier volume enthousiasmant et ça promet de bonnes choses pour ce récit au potentiel vraiment intéressant.

Le sang des 7 rois 1

Le sang des 7 rois
de Régis Goddyn
illustration de Yann Tisseron
éditions L’Atalante
416 pages (grand format)

Vous pouvez aussi aller voir l’avis de Lelf

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Une réflexion au sujet de « Le sang des 7 rois, livre 1, de Régis Goddyn »

  1. Albéric

    Un 1er tome très sympa pour un cycle qui s’annonce intéressant intéressant. De beaux hommages à Verne, Dumas, Leiber et qques autres. « Dans la lignée du Haut Royaume de Pevel ». Je me ferais une joie Herbefol de t’envoyer ma propre chronique quand je l’aurais écrite. La critique du site fantasy français de référence suggère un recyclage du Trône de Fer : c’est n’importe quoi !
    « intrigue téléphonée, « récit ennuyeux », « persos à charisme d’huître », « écriture franchement poussive », « procédé narratif insupportable »… Et bien, visiblement certains ont lu un autre livre que celui qui a rencontré un lectorat très satisfait, ou ils mangent des cailloux depuis trop longtemps, ou ils partagent la rancoeur de leur chef vénéré qui l’a encore mauvaise de ne pas avoir réussi à faire publier son cycle poussiéreux chez l’Atalante. Ne félicitions pas ces tristes sires qui prétendent défendre la Fantasy au quotidien…

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