Après un premier volume assez sympathique, je continue ma relecture de la série The Hellblazer, toujours scénarisée par Simon Oliver. Voyons un peu où menait la grande menace du précédent volume.
On retrouve donc John Constantine et Mercury à Paris, endroit où va se passer la majeure partie de l’arc. Bon, comme d’habitude dans les comics américains on a un Paris qui ne ressemble pas vraiment à la réalité et des gens qui parlent dans un français bourré de faute. Il y a notamment une tentation de traduction en français de « What’s the fuck » qui est vraiment ridicule. On va dire que c’est l’intention qui compte.
On repart donc pour un tour dans le bazar fantastique, avec nos deux protagonistes qui partent sur un jeu de piste, des adversaires au top de leur puissance et quelques personnages qui se trouvent happés par accident dans l’affaire et dont tous ne ressortent pas indemnes. On ne croise pas impunément la route de Constantine. C’est aussi l’occasion de recroiser une ou deux autres figures connues de l’univers Hellblazer. Dans l’ensemble c’est pas mal et la fin de cet arc est plutôt satisfaisante… mais elle me pose un léger soucis : il reste quelques fils non résolu et la suite de la série n’y répondra pas. C’est un peu dommage.
Visuellement, c’est variable. Je ne suis pas très fan du style de Philip Tan sur les deux premiers numéros. Davide Fabbri qui réalise le reste du volume me convient mieux. Du côté des couvertures, c’est tout aussi varié. La première est réalisée par un John Cassaday qui ne devait pas être en forme et que je trouve franchement ratée. C’est nettement mieux par la suite avec deux Declan Shalvey et deux autres nickel par Tula Lotay avec entre deux une petite incursion bienvenue de Riley Rossmo. Et surtout, à la fin du volume, on a toute la série des magnifiques variantes produites par Yasmine Putri. Et c’est d’ailleurs celle du numéro 12 qui sert aussi de couverture à ce volume. Je la trouve splendide. Je sais que l’inspiration graphique initiale du personnage de Constantine était Sting, mais là je ne peux pas m’empêcher de penser à David Bowie.
Je suis un peu moins convaincu par ce volume, tant par le graphisme sur les premiers numéros, que par la localisation à Paris dont je n’ai pas trouvé qu’elle apportait grand chose à l’intrigue. Le fait d’avoir aussi une sensation d’inachevé n’aide pas. Cependant, c’est toujours plaisir de voir Oliver mettre en scène le personnage et en profiter pour régler ses comptes avec la politique britannique, ce que nombre de scénaristes de John Constantine ont fait par le passé. Le personnage est littéralement fait pour ça. Et puis y a le plaisir d’assister à deux-trois trucs improbables, comme l’utilisation d’une chaussure de sport volante. Bref, j’ai tout de même passé un bon moment en relisant ce volume.

The Hellbazer – The Smokeless Fire
écrit par Simon Oliver
dessiné par Davide Fabbri, Philip Tan
encré par José Marzan Jr., Karl Kesel
colorisé par Carrie Strachan, Elmer Santos & Tony Aviña
lettré par Sal Cipriano
éditions DC Comics
143 pages