Sister Svangerd and the Not Quite Dead, de K. J. Parker

Ce n’est pas un mystère sur ce blog que j’aime beaucoup ce que fait K. J. Parker. La vingtaine de chroniques consacrées à l’auteur devrait convaincre aisément de ce fait. C’est donc toujours un plaisir de voir arriver un nouvel ouvrage de sa plume. Et celui-ci est le premier volume de The Loyal Opposition Trilogy. Voyons un peu de quoi il est question.

Frère Desiderius et Sœur Svangerd travaillent pour l’Église du Soleil Invincible. Leur spécialité est de s’occuper des problèmes qui demandent de se salir un minimum les mains. C’est justement le cas au début de cette histoire puisqu’il faut aider une princesse à passer, contre son gré, de vie à trépas. L’action devant s’effectuer pendant un Concile, il faudra agir avec un minimum de tact. Mais c’est aussi pour Desiderius l’occasion de profiter des débats des esprits les plus vifs de son institution. Comme l’on peut s’en doute, tout ne va pas se passer comme prévu et les ennuis vont s’accumuler au pied des protagonistes.

Le récit est raconté à la première personne par Desiderius. Et son point de vue est particulièrement intéressant. Notamment du fait que bien que membre d’une organisation religieuse, il est athée et ne croit ni à Dieu, ni à ses adversaires et donc pas plus à la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. C’est pourtant de cela qu’il va être question pendant une bonne partie de l’ouvrage. Le titre de cette trilogie désigne en fait les démons qui tentent de contrer les plans de Dieu.

J’ai beaucoup aimé la façon dont le personnage se retrouve confronter à des choses qui pourraient ébranler sa foi athée, car il s’agit bien là d’une foi, et comment il traverse les épreuves en conservant cette conviction plus ou moins intacte. On constate que l’on peut apporter toutes les preuves que l’on veut à quelqu’un, si cette dernière personne refuse d’arrêter de croire, rien n’y fait.

J’ai aussi apprécié le fait que l’intrigue va et vient au niveau du positionnement de certains personnages. Si quelqu’un prétend travailler pour une faction, quelle confiance pouvez-vous avoir dans sa parole ? Est-ce vrai ? S’agit-il d’une tentative de manipulation de la part d’un autre camp ? Ou bien la personne est-elle simplement une affabulatrice, que ce soit consciemment ou pas ? Bref, ce qui siérait très bien à un thriller d’espionnage s’applique aussi parfaitement ici. Plusieurs camps luttent plus ou moins secrètement les uns contre les autres et on est forcément un peu dans le brouillard.

En plus de tout ça, j’ai toujours plaisir à retrouver la plume de l’auteur et ce dès la première phrase. Y a toujours du détail dans le champ d’expertise des personnages. On est toujours dans le même univers que les autres textes, puisqu’on trouve des références à des lieux, des pays ou des personnages déjà évoqués ailleurs, notamment l’inratable Saloninus.

J’ai donc beaucoup aimé ce premier volume de ce qui serait une trilogie. Toujours embarqué par la plume de Parker et la façon dont ses personnages vivent et racontent ce qui leur arrive. J’ai particulièrement apprécié tout le questionnement autour de la foi ainsi que le jeu de manipulation, qui montre bien que c’est un art complexe et où mêmes les meilleurs peuvent voir les choses se retourner contre eux. J’attends maintenant avec intérêt le volume suivant, Sister Svangerd and the Devil You Know.

Sister Svangerd and the Not Quite Dead
de K. J. Parker
éditions Orbit
340 pages (format moyen)

Retour au sommaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *