Lorsque DC Comics réinitialisa tout son univers en 2011 en lançant les New 52, on eut droit à non pas une, ni deux ou même trois mais quatre séries centrées sur Batman. Outre Batman et Detective Comics qui prenaient la succession des séries du même nom et qui sont la fondation de l’univers centré sur l’homme chauve-souris, on a aussi eu droit à un Batman & Robin, dont le sujet semble assez évident et dont je reparlerai ici à l’occasion. Et donc une quatrième série intitulée Batman – The Dark Knight et qui faisait suite à une brève série du même nom publiée juste avant Flashpoint. Ce sera la plus courte puisqu’elle s’arrêtera après 29 numéros, plus les numéros spéciaux, là où Batman & Robin en durera une quarantaine et les deux séries classiques iront jusqu’à la relance suivante, avec Rebirth, et existent toujours aujourd’hui.
Une évasion de masse à lieu à l’asile d’Arkham, doublée d’une utilisation du Venin par un certain nombre d’anciens détenus. Double dose de travail pour Batman. Et au milieu de tout ça, une mystérieuse femme semble reliée à ces événements.
Ce premier volume reprend les neuf premiers numéros de la série, dont une partie sont co-écrit par David Finch, avant qu’il ne passe la main à des scénaristes à temps plein. Sur ce premier arc, on voit défiler pas mal de méchants habituels qui échangent à tour de rôle des gnons avec l’homme chauve-souris. On essaie de nous saupoudrer un semblant de trame de fond derrière tout ça. Sauf que j’ai trouvé l’ensemble un peu bancal et surtout ne menant en fin de compte nulle part. On nous introduit le personnage de White Rabbit et si cette dernière refait quelques apparitions par la suite dans l’univers DC (elle fait encore un petit caméo pas plus tard que l’année dernière dans la mini-série Two Face) l’intrigue qui la concerne ne connait pas vraiment de conclusion dans ce volume et ensuite elle disparait de la série. Ce volume propose aussi le Lieutenant Forbes pour le rôle du « flic pas content de Batman et que quand même Gordon devrait arrêter de travailler avec ce malfaiteur. » Un personnage qui aurait aussi pu être intéressant de voir développer par la suite, mais qui ne dépassera pas non ce premier volume, mais qui sera recyclé dans la maxi-série Batman Eternal.
Ce volume est donc bien riche en action et en baston, avec une distribution assez sympathique d’adversaires. Ça donne quelques planches sympathiques à voir. Cependant, j’ai là aussi un problème. Finch n’est globalement pas d’une grande subtilité dans sa représentation des femmes, mais là je crois qu’on touche le pompon, littéralement. White Rabbit est une femme qui porte une tenue de bunny tellement pauvre en tissu qu’elle est en string (avec un pompon) tout en prenant bien évidemment des poses lascives. Alors les comics de super-héros mainstream n’ont jamais été en pointe en terme de non-sexualisation des femmes et encore aujourd’hui y a de sacrés progrès possibles – j’ai récemment soupiré très fort en voyant passer des couvrantes de Black Cat – mais là j’ai eu l’impression de toucher le fond. Ces épisodes sont contemporains de ceux du premier volume de la série Catwoman de la même période. Quelque part, ça se voit que tout ça est sorti chez le même éditeur à la même époque. Tout ça pour un personnage qui en plus n’aura pas grand intérêt puisque l’histoire n’en fait rien avant qu’elle ne disparaisse de la série. Franchement, j’ai soupiré.
Le dernier numéro de ce tome s’inscrit dans l’event Night of the Owls, le moment où la Cour des Hiboux envoie ses sbires ravager Gotham et où la Batfamille s’oppose à eux. Cet épisode est raconté du point de vue de l’un des Talons (Ergots en VF) en question et s’il n’y a rien de franchement original, ça fonctionne plutôt bien.
Bref, voilà un premier volume pas très folichon. Il y a certes quelques trucs un peu sympa dedans, mais c’est perdu au milieu d’une histoire un peu décousue et pas très intéressante et agrémentée de male gaze bien dégoulinant. Au point que j’en suis presque heureux que les personnages féminins y soit en fait peu présents. Il n’y a guère que le dernier épisode que je trouve satisfaisant. Je n’avais pas vraiment de souvenir de cette série quand je l’avais lu à l’époque, je comprends un peu pourquoi. On va voir si ça s’améliore un peu par la suite, Finch laissant les commandes à d’autres au niveau scénario.

Batman – The Dark Knight – volume 1 – Knight Terrors (Batman – Le Chevalier Noir – tome 1 – Terreurs nocturnes)
écrit par Paul Jenkins, David Finch, Judd Winick & Joe Harris
dessiné par David Finch & Ed Benes
encré par Richard Friend, Rob Hunter & Jack Purcell
colorisé par Alex Sinclair, Jeromy Cox & Sonia Oback
lettré par Sal Cipriano & Steve Wands
éditions DC Comics (anglais) Urban Comics (français)
208 pages