Douze, de Jasper Kent

Un roman fantastique se passant pendant la campagne de Russie. Il n’en fallut pas plus à l’amateur d’histoire militaire que je suis pour m’intéresser à Douze de Jasper Kent.
La base de l’intrigue est relativement simple. Débordés par la Grande Armée de Napoléon qui s’approche inexorablement de Moscou quelques soldats russes, qui ont pour spécialité de s’occuper des opérations du type espionnage et sabotage, font appel à un groupe de mercenaires venant de Valachie. Ces derniers vont se révéler d’une efficacité peu commune pour ce qui est d’étriper son prochain. Mais cette particularité va rapidement attirer la curiosité puis l’inquiétude des soldats qui les ont engagés.

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Jaz Parks s’en mord les doigts, de Jennifer Rardin

On continue avec la bit-lit. Aujourd’hui c’est au tour du premier volume des aventures de Jaz Parks, sous la plume de Jennifer Rardin.
Cette fois la narratrice et héroïne ne semble pas être une créature fantastique, du moins au premier abord. Jaz, Jasmine pour la version formelle, travaille pour la CIA en tant qu’assassin, ni plus ni moins, avec une prédilection pour l’élimination des êtres surnaturels. Et une tendance à semer plus de dégâts que l’ouragan Katrina derrière elle.

Double étoile, de Robert Heinlein

Robert Heinlein fut l’un des pionners de l’age d’or de la SF américaine (ou plus exactement anglophone). Avec Isaac Asimov et Arthur C. Clarke il fut un temps considéré comme l’un des trois grands auteurs dominant le genre. Comme ses deux co-religionnaires il a souvent manifesté un intérêt très poussé pour les diverses sciences et une volonté de produire des récits emprunts d’un minimum de crédibilité sur le plan technique.
Des trois grands c’est celui que j’ai découvert le dernier et de manière un peu tardive dans mon exploration du panorama de la SF. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et j’ai entrepris depuis quelques temps de combler mes lacunes concernant Heinlein.
Double étoile est un roman des années 50, une période où l’on envisageait encore très joyeusement la conquête du système solaire pour les décennies à venir avec des vols long-courrier pour les lunes de Jupiter, des colonies sur Mars et Vénus, des bases sur la Lune à ne plus savoir quoi en faire, etc. C’était aussi un temps où la majorité des romans ne dépassaient pas deux ou trois cents pages ce qui repose agréablement le lecteur après les huit cents pages d’un Au tréfonds du ciel de Vernor Vinge ou bien des trois mille de L’aube de la Nuit de Peter F. Hamilton.
Double étoile n’a pas en soit une intrigue particulièrement originale. Le narrateur, acteur de théâtre et de télévision, se voit confier un rôle inédit : celui de doubler une personnalité politique de premier plan malheureusement enlevée par des ravisseurs qui n’ont pas rendu public leur forfait. On assiste donc à la préparation du personnage à son rôle puis à toutes les petites péripéties qui émaillent ce genre de récit, voyant peu à peu le narrateur se fondre de mieux en mieux dans le personnage qu’il interprète et sa prestation se prolonger au fil des rebondissements.
Ce qui est très intéressant chez Heinlein c’est qu’il se contente rarement de l’aspect sciences dures de la SF. Il n’hésite pas à explorer aussi les implications politiques ou sociologiques soulevées par ses récits. Dans le cas présent il y a moins de grains à moudre dans ce domaine que dans le très bon Révolte sur la Lune (lecture vivement conseillée) mais Heinlein sait manier sa barque avec efficacité.
Si Double étoile est loin d’être l’un de ses meilleurs récits il constitue néanmoins un honnête reste de cet âge d’or qui fit beaucoup pour la SF et qui se lit encore aujourd’hui avec un certain plaisir, pour peu qu’on arrive à garder à l’esprit l’époque où il fut écrit.
Double étoile (Double star)
de Robert Heinlein
traduit par Michel Chrestien, révision de Julie Pujos
illustration de Chris Alan Wilton
collection Folio SF
éditions Gallimard
304 pages (poche)

Vision aveugle, de Peter Watts

Ce mois-ci Fleuve noir, par le biais de la collection Rendez-vous ailleurs, nous offre un peu de hard-science avec Vision aveugle de Peter Watts.
Canadien d’origine et formé à la biologie des mammifères marins, Peter Watts s’est d’abord illustré avec Rifters, une trilogie de SF consacrée aux grands fonds marins. Pour les anglophones notons qu’il est partisan de la licence Creative Commons et que la plupart de ses écrits sont disponibles directement sur son site.

L’esclave, de Carol Berg

« Quand y en a plus, y en a encore ». Encore une trilogie, celle des livres des Rai-Kirah de Carol Berg dont le premier volume L’esclave est sorti le mois dernier.
Seyonne est esclave depuis seize ans. Son peuple a été envahi puis asservi par l’empire Derzhi et celui qui était l’un de leurs gardiens chargés de combattre les démons et les chasser des gens qu’ils possèdent n’est plus maintenant qu’un simple esclave sans pouvoir, passant de propriétaire en propriétaire. Mais la vie de Seyonne va connaître un brusque changement lorsqu’il entre au service d’Aleksander, prince héritier de l’empire. Ce dernier ne faisant que peu confiance à ses scribes décide de se doter d’un esclave apte à lire et écrire, lui-même ayant décidé de ne pas s’abaisser à ce genre de tâche. Seyonne, narrateur du récit, va vite découvrir l’habitude de son nouveau maître à régler nombre de problèmes par des méthodes qui tendent à les faire empirer.
Tout le récit est vu par l’intermédiaire de Seyonne avec sa vision du monde particulière. Il a tenté de se déshumaniser lui-même, s’interdisant l’espoir qui ne peut être que source de déconvenue et de douleur pour un esclave. Mais certaines habitudes ont la vie dure et son nouveau maître ne va pas faire grand chose pour atténuer les envies de liberté qui petit à petit renaissent chez l’ancien chasseur de démons. Les choses vont se compliquer légèrement lorsque Seyonne va prendre conscience qu’Aleksander est l’homme qu’une prophétie lui promettait comme maître à servir dans sa lutte contre les démons. Autant dire que le pauvre esclave ne part pas favori.
L’un des attraits du livre est clairement le personnage d’Aleksander. Fils d’empereur appelé à succéder un jour à son père à la tête de la nation, mais sacrément dépourvu du tact nécessaire à l’accomplissement sans douleur de ce genre de travail. On assiste ainsi à quelques belles bévues qui créent parfois des ennuis en cascade. Mais Aleksander, au-delà de son côté borné, est aussi un homme de parole empreint d’une certaine droiture morale. Le genre à savoir reconnaître et payer ses dettes.
l'esclave gfL’univers développé par Carol Berg contient quelques éléments assez sympathiques, notamment tous le système pour affronter les démons que je trouvais pas mal du tout. Par contre je dois avouer m’interroger sur certaines des décisions de l’empereur vis à vis des Khélid en début de récit. Il me semble s’embourber un peu facilement, mais l’on peut toujours mettre ça sur le compte du point de vue forcément limité de Seyonne. Ce dernier n’ayant pas accès à toutes les données, loin s’en faut, il ne peut que deviner certaines choses sans certitude de donner dans le vrai.
J’avoue que sur la fin y a un ou deux détails qui m’ont un peu agacé mais dans l’ensemble le livre se termine correctement, se laissant les ouvertures nécessaires pour la suite de la trilogie tout en clôturant suffisamment de fils narratifs pour permettre de s’arrêter là.
La couverture, à l’illustration sympathique, possède un gaufrage sur le titre, dans le plus pur style des éditions d’outre-Atlantique qui tend à se répandre tout doucement par chez nous. L’ensemble se lit tranquillement et la suite trouvera sans soucis le chemin de ma pile « à lire ». Bref une lecture agréable pour occuper son week-end de printemps.
l'esclave poche
L’esclave – Les livres de Rai-Kirah 1 (Transformation)
de Carol Berg
traduit par Elisabeth Vonarburg
illustration de Jean-Sébastien Rossbach (grand format) Bruno Wagner (poche)
éditions Bragelonne (grand format) Folio SF (poche)
480 pages (grand format) 624 pages (poche)
Pour en faire l’acquisition, deux formats : grand ou poche
Pour les curieux l’éditeur propose les premières pages du livre sur son blog

La voleuse sans ombre, d’Emily Gee

Aujourd’hui une petite fantasy un peu atypique. Voici La voleuse sans ombre d’Emily Gee, roman indépendant et donc non pourvu d’une suite en quinze volumes. De plus l’ouvrage n’est pas trop épais ce qui en fait un interlude fort bienvenu.
La voleuse sans ombre c’est Melke, une jeune femme qui a la propriété singulière de pouvoir devenir invisible. Pouvoir qu’elle partage d’ailleurs avec son frère Hantje, lequel est prisonnier de salamandres, amenant donc Melke à voler pour payer la rançon. Et tout n’irait pas si mal si le collier que lui réclame les salamandres ne se révélait pas après coup comme l’élément indispensable à la levée d’une malédiction mortelle.
Ici, point de grande quête pour sauver le monde des ténèbres, pas de grand voyage à travers de multiples pays, nulle liste de personnages tenant difficilement dans un annuaire, fort peu de magie et pas tellement d’action. « La voleuse sans ombre » ressemble plutôt à une sorte de drame familial mâtiné de huis-clos. La majeure partie de l’histoire a lieu dans la même ferme mettant en scène quatre humains et un chien c’est dire si on sort un peu des sentiers battu du genre.
En fin de compte l’intrigue du bouquin n’est pas très longue ni particulièrement tortueuse mais l’évolution des personnages, qui est au premier plan, est assez intéressante. La plume de Gee rend le texte plaisant à lire et ça a le grand avantage de ne pas appeler de suite.
La voleuse sans ombreLa voleuse sans ombre d’Emily Gee
traduit par Benjamin Kuntzer
illustration de Larry Rostant
éditions Bragelonne
402 pages
Disponible en numérique chez 7switch

Le retour du sorcier, de Karen Miller

Après quelques mois d’attente voici la suite du Mage du prince de Karen Miller, deuxième volume qui clôt le diptyque de la prophétie du royaume de Lur. Pour une fois on a une série qui se finit rapidement au lieu de s’étendre indéfiniment, avec des volumes dont les parutions deviennent de plus en plus rare (non, George R. R. Martin n’est absolument pas visé par ceci).

La chute des rois, de David & Stella Gemmell

Voici le dernier volume de la trilogie Troie, et le dernier livre que David Gemmell aura écrit, avec l’aide et le soutien de sa femme Stella. La chute des rois sonne donc la fin de cette réécriture du siège mythique.

Le goût de l’immortalité, de Catherine Dufour

Après la très bonne lecture que fut le recueil L’accroissement mathématique du plaisir je ne pouvais que poursuivre mon exploration de l’œuvre de Catherine Dufour. Ce fut donc le tour de Le goût de l’immortalité, dont la suite Outrage et rébellion vient d’ailleurs de paraître.
Ce roman relativement court conte la vie de plusieurs personnages dans une Chine du XXIIème siècle où la pollution et les épidémies ont ravagé la population et poussé les survivants à s’enfermer dans de grandes tours, plus ou moins étagées en fonction d’un nouvel ordre social. En ces « temps intéressants » la narratrice nous explique petit à petit comment elle réussi à obtenir l’immortalité à défaut de la vie éternelle.
Au niveau du fond je n’ai pas eu à me plaindre. Catherine Dufour nous fait de la « vraie » SF, avec une pleine charrette d’idées intéressantes et un futur qui fait peur parce que crédible. Pour la forme, c’est beaucoup de plaisir avec cette plume que j’ai déjà fort appréciée dans son recueil de nouvelles avec encore une fois quelques passages où le style flirte avec celui d’un Stephenson.
Après la flopée de prix que ce livre a, à juste titre, ramassé les éditions Mnémos nous ont offert une réédition enrichie d’une nouvelle inédite dans le même univers et d’une sorte de postface dans laquelle Catherine Dufour nous détaille les inspirations et mille et un détails qu’elle a glissé dans son ouvrage. Le tout sous une couverture de Caza qui ne gâche rien à l’ouvrage.
Voilà donc une lecture qui n’aura pas été du temps perdu et il ne devrait pas s’en écouler beaucoup avant que je m’attaque à une autre œuvre de cette auteur qui laisse espérer de grandes choses pour le futur de la SF française.
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Le goût de l’immortalité
de Catherine Dufour
illustration de Caza
Editions Mnémos
268 pages
Pour faire l’acquisition de ce très bon roman, avec les bonus, par ici
Pour ceux qui ne veulent pas les bonus (c’est bien dommage) et préfèrent le poche, c’est par làalt