Stonewielder, de Ian C. Esslemont

Quand on explore un univers dans lequel plusieurs œuvres se passent en parallèle les unes des autres, la question de l’ordre de lecture peut se poser. Ce qui est le cas pour les romans écrits par Ian C. Esslemont dans le même univers que ceux de Steven Erikson. Certains fans proposent diverses possibilités pour l’ordre de lecture. Personnellement, j’ai décidé d’insérer entre les huitième et neuvième volumes d’Erikson la lecture du troisième Esslemont, Stonewielder.

Comme cela arrive régulièrement dans les livres de cet univers, nous allons explorer de nouvelles contrées, dont Korel, et découvrir un mur gardé par une force militaire qui empêchent des créatures venues de la mer d’envahir les terres. C’est aussi l’occasion de retrouver certains protagonistes du précédent roman de l’auteur, Return of the Crimson Guard.

Stonewielder ne déroge pas à la règle et commence par un prologue, qui sème quelques éléments appelés à servir dans la suite du récit. On fait ensuite connaissance d’une dose de nouveaux personnages tout en retrouvant certains protagonistes du volume précédent. Avec les livres de cet univers, j’éprouve presque toujours l’impression à chaque nouvel ouvrage de me lancer dans un récit nouveau et pas juste dans la suite de l’épisode précédent. J’ai une nouvelle fois cette sensation avec Stonewielder. Nouveaux lieux, nouveaux personnages, encore une fois il y a pas mal de choses à découvrir et à assimiler. Et c’est toujours plaisant. La mosaïque de peuples dépeinte présente une certaine complexité et l’idée d’un envahisseur envahi à son tour pendant que la population locale s’en accommode tranquillement est intéressante. Une fois encore, on trouve dans l’univers malazéen de multiples reflets de notre histoire et les inspirations ne se cantonnent clairement pas au moyen-âge de l’Europe occidentale.

Du côté action, on est assez bien servi. Quand l’empire malazéen repart en guerre, ses armées ne s’arrêtent pas à la première difficulté et s’accrochent pour remporter la victoire. Les scènes de bataille sont dynamiques et se visualisent assez bien et on trouve toujours un petit quelque chose que l’on n’avait pas aperçu dans les volumes précédents. On voit aussi que le conflit ne se présente pas que sur le plan militaire puisqu’il y a aussi une dimension religieuse assez présente dans ce volume. Cet dualité est présente dans les autres romans de cet univers mais c’est particulièrement flagrant dans Stonewielder où l’une des religions ne présente pas beaucoup de tolérance envers les autres.

Stonewielder est un livre assez épais, sans atteindre les volumes de texte des plus gros bouquins d’Erikson. Mais le récit est assez dense et l’ensemble est donc riche d’événements. Le livre pourrait probablement être un peu moins volumineux, mais le même récit entre les mains d’un auteur plus bavard aurait pu être nettement plus long. On sent par moment que les événements auxquels on assiste ont une portée importante et qu’on en apercevra probablement quelques conséquences dans l’un des romans suivants. Bien que des indices soient semés ici et là, j’ai trouvé le moyen de me faire surprendre par une paire de révélations qui m’ont bien fait plaisir.

Avec Stonewielder, on continue donc l’exploration de cet univers malazéen qui semble recéler encore beaucoup de mystères. Si ce volume semble un peu moins relié aux événements du cycle d’Erikson que ne l’était Return of the Crimson Guard, on y trouve quand même largement de quoi contenter le lecteur de cet univers. Et si le livre peut paraitre qualitativement (et quantitativement) en deçà de certains volumes écrits par Erikson, la comparaison avec la plupart des autres titres de fantasy est quand même à son avantage. Bien que s’insérant clairement dans un ensemble plus grand, le roman pourrait être lu directement sans trop perdre dans la compréhension de l’intrigue, ce qui est le cas de plusieurs des ouvrages de cette série. Prochaine étape dans l’univers malazéen : le diptyque Dust of Dreams & The Crippled God de Steven Erikson, avant de revenir à Esslemont avec Orb, Sceptre, Throne.

StonewielderStonewielder
de Ian C. Esslemont
illustration de Steve Stone
éditions Bantam / Tor
environ 640 pages (grand format) environ 900 pages (poche)

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