L’empereur écorché, de Mark Lawrence

Après un premier volume un peu curieux, Mark Lawrence avait transformé l’essai avec Le roi écorché, deuxième volet de sa trilogie de L’empire brisé. On arrive maintenant au troisième et dernier opus, L’empereur écorché va-t-il concrétiser les promesses du précédent volume ou s’agit-il finalement d’un pétard mouillé ?

A l’issue du Roi écorché, Jorg avait réussi à maintenir son emprise sur son fief et l’avait même étendu en remportant une victoire assez inattendu contre le seigneur de la Flèche. Et après quelques années de règne, le temps est venu pour lui d’aller se confronter à ses pairs pour la réunion quadriennale au cours de laquelle peut se réaliser la nomination d’un nouvel empereur. Et pendant ce temps, le Roi Mort prépare ses plans.

Mark Lawrence commence l’ouvrage en résumant lui-même la situation et j’avoue que c’est appréciable. Je lis trop souvent des n-ièmes volumes de série sans le moindre résumé des volumes précédents, dans lesquels les auteurs ont beau remettre les choses en situation au fur et à mesure de l’ouvrage, je me sens un peu irrémédiablement perdu. Là, tout va bien, ou presque et je suis donc reparti guilleret sur les traces de Jorg. Et ça n’a pas fait de mal de se rafraîchir un peu la mémoire puisque le récit est encore une fois réparti entre diverses époques. Jorg raconte en parallèle son « présent » et les événements intermédiaires entre la fin du Roi écorché et le début de ce volume. Mais on continue aussi de replonger dans ses souvenirs plus lointains, que ce soit son enfance dans sa famille ou sur les routes avec sa bande de malandrins.

Contrairement au volume précédent, je n’ai pas eu de soucis de temporalité, les mouvements dans le temps ne m’ont pas perdu une seule fois, signe que Lawrence maîtrise de mieux en mieux son récit. L’un des points intéressants de cette trilogie est justement ce récit en plusieurs époques. Ainsi, même dans ce troisième et dernier volume on continue de découvrir des choses sur les origines du personnage et la façon dont s’est forgé son caractère sociopathe. Et l’auteur n’y va pas avec le dos de cuillère. Si les deux premiers volumes apportaient déjà des éléments de réponse, je pense que L’empereur écorché contient la scène qui explique de manière définitive pourquoi la bande de Jorg le suivait « docilement ». A travers le regard que jette Jorg sur son environnement, on a aussi une sorte d’analyse sur la peur et la terreur, et la mécanique qui les anime.

Cette façon de mener le récit en parallèle sur plusieurs époques et l’amélioration du style du récit en lui-même font que cette trilogie est en constante progression d’un volume sur l’autre, là où dans la plupart des cas on observe des évolutions nettement moins régulières, pour ne rien dire de celles qui se terminent en eau de boudin. La fin en elle-même est un peu surprenante, mais cohérente avec le reste. Lawrence se fend même d’un joli épilogue. Et j’étais bien loin de m’imaginer parcourir un tel chemin lorsque je démarrais la lecture du Prince écorché.

Une fois la dernière page tournée, que dire. Avec L’empire brisée, Mark Lawrence nous livre une trilogie à cheval entre la fantasy et la science-fiction, mais pas sous la forme d’un mélange un peu « artificiel », façon Romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley. Au contraire d’une superposition de deux genres, on a un véritable alliage, où les deux composantes se fondent ensemble pour former un tout homogène. Cette trilogie aura été un moment de lecture offrant un plaisir croissant et j’attends maintenant avec intérêt les prochains romans de Mark Lawrence.

L'empereur écorchéL’empereur écorché (Emperor of Thorns)
de Mark Lawrence
traduit par Claire Kreutzberger
illustration de Victor Manuel Leza Moreno
éditions Bragelonne
437 pages (grand format)

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4 réflexions sur « L’empereur écorché, de Mark Lawrence »

    1. Les avis sur le premier volume sont très partagés, si certains, comme moi, ont aimé, d’autres n’ont vraiment pas apprécié et ne sont pas allés au-delà. Je pense que c’est un peu le genre de livre « ça passe ou ça casse ». 🙂

    1. Intriguant, voila le mot pour définir le premier. Est-ce que l’usage de ce personnage violent a une finalité ? Maintenant, je peux répondre oui sans soucis. 🙂

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